mercredi 17 octobre 2012

Il y a 51 ans: le 17 octobre 1961

Source: L'Humanité






























Plaque inaugurée le 17 octobre 2001 par Bertrand Delanoë au Pont Saint-Michel



















Lundi 15 octobre, à l'occasion du point presse hebdomadaire du PS, David Assouline est revenu sur le 51e anniversaire de la répression sanglante de la manifestation pacifique du 17 octobre 1961 à Paris.
Des centaines d'Algériens qui manifestaient en pleine capitale, en réaction à un couvre-feu institué par le préfet de police Maurice Papon pour les seuls Nord-Africains, sont morts ou internés dans des centres de détention où ils ont subis de nombreuses violences. 
"Nous demandons qu'il y ait une reconnaissance officielle de ce moment tragique de notre histoire commune, pour toutes les victimes et tous ceux qui, dans notre pays veulent ardemment que nous trouvions définitivement les voix d'un avenir commun, dans la fraternité".

27 commentaires:

  1. L'article que vous reproduisez est chef-d'œuvre de propagande, un tissu de mensonges dont il a été fait justice depuis longtemps ! Pas de cadavres par dizaines dans la Seine (seulement deux, si ma mémoire est bonne, d'après les registres de l'IML, et qui étaient déjà morts au moment de la manifestation). Évidemment pas de tortures non plus, ni d'arrestations par dizaines de milliers.

    D'autre part, la manifestation n'était ni spontanée ni vraiment pacifique, mais était en réalité une démonstration de force du FLN, organisation en lutte ouverte et armée contre la France qui entendait rallier à sa cause les Algériens vivant en métropole.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. et la marmotte ?
      elle emballe le chocolat ?

      Supprimer
    2. Didier Goux,
      Je ne suis pas surprise que nous ne soyons pas d'accord. Mais comme tous les évènements de ce genre, les sources diffèrent et les historiens ne sont pas toujours d'accord. Pour résumer, voici comment Benjamin Stora présente la chose dans Les mots de la guerre d'Algérie, Toulouse, Le Mirail, 2005, p. 89-90. Et je partage cette analyse.

      "En marchant à Paris le soir du 17 octobre 1961, les manifestants algériens ont bravé le couvre-feu de 20 heures «conseillé aux Nord-Africains». En effet, onze jours plus tôt, le préfet de police, Maurice Papon a publié un communiqué où "il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs algériens de s'abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne de 20h30 à 5h30 du matin". Il y aura plusieurs charges violentes cette nuit-là contre les Algériens. À la hauteur du cinéma Rex, des rafales de mitraillette font plusieurs victimes parmi les Algériens. Sur le boulevard Bonne Nouvelle, un car de police fonce sur la foule, on relève 7 corps d'Algériens. Dans la rue, dans les gares, dans le métro, les rafles s'organisent. Au pont de Neuilly, la police interpelle les Algériens voulant rentrer chez eux. Des manifestants sont jetés dans la Seine. Officiellement, le nombre des arrestations s’élève à 11538. Le palais des Sports est réquisitionné pour parquer les détenus. Des milliers d'Algériens sont placés en détention ou expulsés. Les autorités françaises de l'époque ne reconnaissent que 2 morts et 64 blessés. L'inspection générale estime officieusement, selon la revue les Temps Modernes, à 140 le nombre de tués. La Fédération de France du FLN parle pour sa part de 200 morts et de 400 disparus. D'autres sources avancent le chiffre d'une centaine de tués chez les Algériens. Pendant longtemps, la nuit noire du 17 octobre 1961 a disparu dans les eaux boueuses de la mémoire française. Le 17 octobre 1961 a été recouvert par l'autre nuit de Maurice Papon, celle du métro Charonne de février 1962. Les amnisties successives (quatre après 1962) consolideront le silence, ainsi que la volonté d'oubli, légitime, des acteurs de cette nuit d'effroi".

      Supprimer
    3. une de mes anciennes collègues n'a jamais revu son père après cette soirée
      sans doute l'un des deux seuls morts de cette nuit

      Supprimer
    4. Très opaque cette histoire hélas...

      Supprimer
  2. Et je préfère ne rien dire de ce sinistre guignol de Delanoë, qui n'en est plus à une pantalonnade près…

    RépondreSupprimer
  3. De l'importance des blogs pour relancer des débats qu'on pourrait oublier

    RépondreSupprimer
  4. eh bien Elodie voilà que tu nous mets Didier Goux en colère maintenant ?

    Rhoooo tu sais bien que qu'un même évènement à ses 2 versions, la véritable qui raconte les faits avérés et la version retouchée soit par le pouvoir ou l'une des parties intervenantes.

    Il en va ainsi de ces assassinats honteux perpétrés par la République

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui oui je sais bien hein...
      Et Didier Goux n'est pas en colère... mais il est juste Didier Goux quoi!

      Supprimer
  5. Il y a une façon indiscutable de connaître, sinon le nombre de morts, au moins le nombre de blessés. Les chiffres d'entrée des hôpitaux ne mentent pas, eux.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui c'est vrai. Mais comment les connaître sinon en fouinant dans les archives?
      Parce que par exemple aux archives du Service Historique de la Défense à Vincennes, 80% des fonds relatifs à la guerre d'Algérie (et à ses conséquences en métropole) sont consultables sur dérogation... ou pas consultables du tout!

      Supprimer
    2. Suzanne a raison, ces chiffres ont été consultés et publiés par plusieurs historiens (mille pardons, je n'ai pas les références en tête ni sous la main, mais je peux vous les retrouver facilement). Et, en effet, tous les blessés et morts dont parle imprudemment Stora n'ont laissé aucune trace nulle part. Même pas dans la Seine. Car figurez-vous que quand on repêche un corps, et à plus forte raison des dizaines, on établit des constats, des rapports, etc.

      Supprimer
    3. Nous sommes d'accord: je n'ai pas ni les chiffres ni les preuves. Mais j'aimerais bien les connaître pour argumenter et étayer un peu plus mon propos.
      Par ma précédente réponse je voulais aussi rappeler qu'en France, il est plus facile d'enquêter et de travailler sur les héros métropolitains "morts pour la France" que sur les Algériens morts pour l'Algérie indépendante.
      Pour avoir fréquenter le Service Historique de la Défense pendant 6 ans, croyez-moi: la quantité d'archives à disposition n'est pas la même selon le "camp" sur lequel on travaille.
      Et par ce modeste billet, je ne cherche pas non plus à "stigmatiser" (mot à la mode) tel ou tel camp.

      Supprimer
    4. Ah, mais si Didier, il y a eu un pic d'hospitalisations le jour de la manifestation, et de nombreux soins les jours suivants (il y avait des échauffourées un peu partout)
      La page Wikipedia, qui a l'air d'avoir été bien travaillée (assez documentée avec une grosse bibliographie en tout cas) fait état d'une trentaine de morts et d'une trentaine de blessés graves (traumatismes crâniens)répartis entre policiers et manifestants. Donc, pas un massacre, pas des dizaines de corps qui flottaient dans la Seine, mais un peu plus que deux morts...
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_du_17_octobre_1961#D.C3.A9nombrement_des_morts

      Supprimer
    5. Merci Suzanne. En effet, cette page est hyper documentée (ce qui n'est pas toujours le cas chez Wiki).
      Bref, massacre ou pas, ratonnades ou pas, le bilan est encore bien flou quand même.

      Supprimer
    6. Bon, je repasserai demain avec les précisions, si j'ai le courage…

      Supprimer
    7. Mais oui vous aurez le courage!

      Supprimer
  6. Merci pour cet article.
    Pour la compréhension de l'histoire extrêmement complexe de la 5ème République - laquelle n'est pas finie ! - et la remontée des extrêmes droites, il est fondamental de se souvenir de cet évènement,de la vague d'attentat de janvier et février 1962, de la manifestation du métro Charonne le 8 février 1962 après une série d'attentats (un bébé de 18 mois mutilé), de l'attentat du Petit Clamart,du référendum sur l'élection présidentielle au suffrage universel du 28 octobre 1962 : il est organisé au vu de l'article 11 de la Constitution et non au vu de l'article 89 seul approprié, mais innapplicable (alinéa 2), en raison des menaces que ces attentats faisaient peser sur les institutions.
    Savoir que le Gal de Gaulle a usé d'armes à double tranchant n'est pas anodin : il ne pouvait ignorer, lui !!! qui était Papon qu'il a nommé comme Préfet de Paris.
    Merci pour cette note.

    RépondreSupprimer
  7. Sinon, à lire ici: http://www.paris.fr/accueil/accueil-paris-fr/17-octobre-1961-51e-anniversaire-de-la-repression-sanglante/rub_1_actu_121064_port_24329

    "Des archives désormais ouvertes et consultables
    Le délai de 50 ans relatif à la communicabilité et à l'ouverture au public des archives de la Préfecture de Police étant révolu, celles-ci sont désormais consultables et vont donc permettre aux historiens d'approfondir leurs travaux sur ces événements tragiques.
    Ce sujet a d'ailleurs été abordé lors du Conseil de Paris des 15 et 16 octobre derniers".

    RépondreSupprimer
  8. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/984000823/index.shtml
    "Inventaire des archives de la Préfecture de police se rapportant aux manifestations d'octobre 1961 et examen critique de ces documents permettant de dresser un bilan de ces événements. Il apparaît que les événements du 17 octobre 1961 s'insèrent dans un contexte qui déborde cette journée et que la manifestation a donné lieu à une répression très dure. La mission ne peut donner le chiffre des morts avec assurance mais conclut à des dizaines de victimes ce qui est supérieur au bilan officiel (sept morts) mais très inférieur aux centaines de victimes dont il a été parfois question."

    Ce n'est pas pour minimiser. J'ai lu sur d'autres blogs que si on avait tant célébré les morts de Charonne, quelques mois plus tard,c'est parce qu'ils étaient français. Or, ces Français étaient des militants ou sympathisants communistes, contre l'OAS. Tous ces manifestants (et le restant de la gauche) seraient-ils restés muets s'il y avait eu des centaines de corps jetés dans la Seine ? Personne n'aurait filmé, pris de photographies ? Retiré les corps de l'eau ?
    Les témoins oculaires de la manifestation parlent de violences policières déchaînées, et insistent sur le fait que ça s'est passé très vite... et mmême s'il n'y a eu "que" trente morts, c'est déjà énorme, pour une manifestation pacifique.
    Pas un seul en 68.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Wouah! Merci beaucoup Suzanne pour le lien et l'info. Et oui: c'est déjà énorme.

      Supprimer
  9. http://police.etc.over-blog.net/article-17-octobre-1961-crimes-d-etat-111374516.html

    Les pdf en bas du billet sont intéressants.
    Il n'y a plus qu'à attendre le travail de ceux qui vont éplucher les archives, maintenant.
    Conclusion: vive Papon ! ça n'a jamais été un bon deal de donner de l'occupation aux anciens nazis et collabos plutôt que de les mettre hors d'état de nuire. Ce qu'ils ont fait une fois, ils l'ont recommencé plus tard, ou ailleurs.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci Suzanne. Très instructif en effet.
      "Ce qu'ils ont fait une fois, ils l'ont recommencé plus tard, ou ailleurs"... Oui tu as bien raison.

      Supprimer

Vous qui passez par là, ne restez pas anonyme et choisissez au moins un pseudo.
Et si vous voulez balancer du lien, intégrez cette balise