mercredi 17 octobre 2012

Sale temps pour les femmes

 
Il y a eu la Une de L’Express, puis le verdict du procès pour viols collectifs à Créteil, puis une affiche tendancieuse pour la campagne "Global Gâchis" de Canal +, et encore une autre pour la campagne de rentrée de France 3.

En vrac, on a eu droit à
  • Des femmes qui gâchent la vie du Président Hollande,
  • Des victimes de viols qui voient certains de leurs agresseurs quitter le tribunal les mains dans les poches, tranquille pépère,
  • Une carotte cabossée, boursoufflée, mais plantureuse malgré tout ; telle une paire de jambes se croisant et se décroisant pour le plus grand plaisir des regards lubriques : "je ne suis pas belle mais je suis bonne". Miam, ça donne envie, même au plus carnivore d’entre nous. Y a plus qu’à.
  • Des candidats et des candidates de télé réalité comparé-e-s à des chiennes ou des porcs pour vanter 30 millions d’amis sur France 3 : "nous aussi, on sait faire des émissions avec des cochons, des chiennes et des porcs"
On a eu droit avec Christophe Barbier à un festival d’arguments sexistes, que ce soit au Grand Journal sur Canal + ou dans l’émission 28 minutes sur Arte. Ne reculant devant rien, il est même allé jusqu’à déclarer que cette Une était féministe puisqu’elle mettait en lumière le rôle important des femmes politiques. Rôle tellement important qu’il poserait un problème au Chef de l’Etat.

On a eu droit à un verdict cruellement clément pour nombre des accusés de viols collectifs au procès de Créteil. Comme si le viol était une agression comme les autres. Comme si la pire des violences sexuées et sexuelles tendait à se banaliser. 

On a même pu lire ici ou là sur les réseaux sociaux que les femmes qui criaient au scandale pour la Une de L’Express se montraient moins choquées par le verdict du procès de Créteil.

Enfin, j’avoue que sur le moment, la réaction de certaines de mes consœurs blogueuses au sujet de la carotte, des cochonnes et des porcs, m’a un peu surprise. Je me suis dit : "Allons bon, tout est matière à râler, un peu d’humour que diable ! C’est ironique".

Et puis finalement j’ai compris...La suite de mon édito sur Mediavox...

8 commentaires:


  1. Pour le procès de Créteil... Le verdict n'est pas un signal fort offert aux violeurs "allez-y, les gars, vous ne risquez rien, ou si peu..." mais l'expression des limites de la justice quand il n'y a pas de preuves, quand il y a des zones d'ombres et des témoins défaillants et contradictoires. Le doute profite toujours à l'accusé, et le travail des enquêteurs a été spécialement mal fait dans cette histoire... Quand il y a preuve (examen médical, adn) les verdicts sont toujours tout autres.

    ... et la carotte...il y a quelques années, il y avait une pub pour le BIO, avec une pomme "je ne suis pas très belle, mais je suis bonne". (L'image représentait une petite pomme tavelée).
    Autant qu'il m'en souvienne, personne n'y a trouvé motif à indignation. C'est chercher la petite bête là où il n'y en a pas, ou là où elle est toute petite et fait des petits moulinets avec des toutes petites mains, alors qu'il y en a de bien plus grosses. La une de l'Express était du pur sexisme bien brutal à tourner en ridicule, par exemple. Les ce-u-x-lles (purée c'est dur et long à écrire)qui l'ont fait ont ma totale approbation !

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    1. Salut Suzanne,
      Je suis d'accord avec toi pour le procès de Créteil. J'ai juste trouvé que l'attitude extrêmement nonchalante de certains des accusés était hyper choquante. Je n'ai pas non plus aimé que les femmes qui les accusaient aient été traitées de "mytho". Ce procès est assez révélateur en effet des dysfonctionnements de la justice. La réaction des deux camps devant les caméras était surréaliste.
      Pour la carotte, as-tu lu la suite de mon édito sur Médiavox? Parce que finalement, j'en arrive à la conclusion, que le problème est aussi (mais pas que) linguistique.
      Et sinon, pour "ce-u-x-lles (purée c'est dur et long à écrire)", fais donc comme tu veux. Ce n'est pas parce que je suis une adeptes des tirets ("ceux-celles" est peut-être plus simple finalement) que je vais t'en tenir rigueur si tu écris CEUX ;-)

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  2. Oui pour Créteil. Quand on plonge dans les archives et qu'on voit les réactions des accusés, de leurs familles et de leurs soutiens on se retrouve dans les grands procès pour viol qui ont eu lieu dans les années 70 (procès d'Aix, très médiatisé, avec Halimi).
    Mêmes réactions, mêmes arguments.
    Il y a eu un travail énorme entre temps, on a incité les victimes à porter plainte,il y a eu la notion de viol conjugal, de viol de prostituée (qui faisaient bien rigoler auparavant) il y a eu dans les commissariats et gendarmerie des personnes spécialement formées pour accueillir les victimes de viol et dans la foulée le traitement du viol pédophile a été amélioré grandement sur le plan de la procédure. Bref, les choses évoluaient, comme si on était passé de Mouchette à quelque chose d'un peu plus humain, de quasiment féministe, n'ayons pas peur des mots.
    Et là,alors que les lois se durcissent, on fait machine arrière parce qu'il ne faut pas stigmatiser la culture machiste des banlieues. Cette "attitude nonchalante", ce n'est que ça. L'affirmation d'un machisme revendiqué.
    On fait encore le grand écart avec une jambe du côté du féminisme pur et dur, et une autre du côté de "ne stigmatisons pas le garçon arabe au nom d'un féminisme instrumentalisé qui fait le jeu des racistes d'extrême-droite".
    Le plus étonnant est que les jambes ne se soient pas encore désarticulées, depuis le temps.

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  3. MAMIACHAT
    On ne refera pas le Monde,ni l'inégalité des sexes.A chacunE de se débrouiller dans son coin.

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