samedi 8 décembre 2012

A l'UMP, théorie du genre = théorie du complot

Des députés UMP, ou RUMP, ou non alignés - je ne sais plus où on en est - demandent la création d'une commission d'enquête sur "la diffusion de la théorie du genre en France".


Après les conneries auxquelles ont a eu droit l'an dernier sur les nouveaux programmes de SVT de 1ère, les inepties des députés UMP sur ce sujet commençaient à me manquer.

Contrairement à ce qu'affirme BFM TV, la prise en compte du concept de genre ne consiste pas seulement "à remettre en question les stéréotypes sur l'homme et la femme".

Ou du moins, balancé tel quel, c'est un peu court et je comprends que cela puisse alimenter la polémique autour ce que qui n'est pas non plus une "théorie" mais un concept qui vise en prendre distinguer le sexe social du sexe biologique.

Ainsi, en ce qui me concerne, je suis de sexe biologique féminin et mon sexe social est également féminin (je me comporte "comme une femme", j'ai adopté les codes sociaux des femmes, j'ai été élevée comme une fille...etc).

Il existe des gens pour qui l'association "naturelle" entre sexe biologique et social est loin d'être évidente. Un individu de sexe biologique masculin pourra ainsi se sentir socialement femme et inversement. De même que certains individus, biologiquement hommes ou femmes, pourront tantôt se sentir socialement homme, femme ou intersexe. 

Ce n'est pas donc pas seulement une remise en question des stéréotypes, mais plutôt la prise en compte d'une réalité sociale trop longtemps ignorée. 

Donc, dans le débat actuel autour du mariage pour tous-tes, des députés de l'UMP-RUMP-non-alignés "inquiets de voir le projet sur l'adoption et le mariage gay progresser, demandent la création d'une commission d'enquête sur "l'introduction et la diffusion de la théorie du genre en France" (source).

"Introduction et diffusion". Et pourquoi pas "gangrène" pendant qu'on y est?

Selon le député Xavier Breton, voici ce qu'est "la théorie du genre":
"idéologie qui consiste à dire que l'homme et la femme sont interchangeables"
Ce monsieur n'a absolument rien compris aux enjeux de la problématique du genre. La résumer ainsi c'est nier une réalité sociale qui touche nombre d'individus. C'est aussi raccourcir dangereusement les revendications féministes, homosexuelles, transsexuelles.

Il n'a jamais été question d'interchanger l'homme et la femme! 

Avant de prendre la parole en public, nos élus feraient bien de s'instruire quelque peu. 

Ainsi, la théorie du genre née dans les années 80 en France, s'interroge entre autres sur la validité et la justification des rôles sociaux attribués naturellement et systématiquement en fonction du sexe biologique, le tout basé sur les stéréotypes homme-femme.

Donc, notre brave Xavier Breton a exigé jeudi dernier:
"une commission d'enquête pour voir comment cette théorie est en train de s'infiltrer, de se diffuser dans notre pays, sans aucun débat public." 
Introduction, diffusion, infiltration... A quand la théorie du complot?

Enfin, les parlementaires qui s'associent à Xavier Breton soulignent que:
"En introduisant la théorie du genre en France, nous serions en face d'une rupture majeure de notre société et d'un bouleversement pour l'ensemble des Français [...] ne peut être imposée en catimini".
Donc je reprends: introduction, diffusion, infiltration, rupture, bouleversement, catimini.

Monsieur Breton dénonce en quelques sortes l'infiltration en loucedé dans notre société de la théorie du genre.

Il est mignon.

Ce serait le cas s'il n'y avait pas eu depuis des années des centaines, des milliers d'ouvrages de toutes les disciplines, publié sur cette question du genre.

Quand j'ai commencé à travailler sur ce sujet en 2001, des gens comme Xavier Breton s'imaginaient que je voulais contribuer à une réécriture de l'Histoire, une réinterprétaion de la société.

Je suggère donc à Xavier Breton d'aller faire un tour en bibliothèque pour vérifier si oui ou non celles et ceux qui réfléchissent sur le genre le font en catimini, en loucedé, sous le manteau et s'ils s'attachent ensuite à diffuser leurs "théories" insidieusement.

Après la torie du genre, la théorie du complot?    

31 commentaires:

  1. Oui, enfin, dire que nous sommes “entourés” de gens de ce type me semble tout de même grandement exagéré ! Il ne doit pas y avoir beaucoup plus d'hommes se prenant pour des femmes (et inversement) que de fous se prenant pour Napoléon. Dans les deux cas, d'ailleurs, leur cas me paraît relever plus de la psychiatrie que du politique.

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    1. "entourés" est un peu fort, c'est vrai. Je vais nuancer. Ceci dit, la comparaison entre Untel qui se prend pour Napoléon ou un individu qui qui se sent socialement différent de son sexe biologique me semble inappropriée.
      Mais bon

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    2. Très très inappropriée.

      (Moi aussi, je peux surenchérir, hein !)

      Cela étant, il faudrait me démontrer en quoi ma comparaison (un chouïa provocatrice, je le reconnais…) le serait, inappropriée. Et en quoi un homme qui se prend pour une femme ne relèverait pas de la psychiatrie.

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    3. C'est un peu comme les hommes qui se prennent pour des machines à écrire des couilleries. Ils devraient consulter, je trouve.

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  2. C'est sûr que pour Poussinet se voir en femme c'est être fou vu que la femme c'est le diable (comme pour les curés :))...bref. En tout cas les machos de l'UMP (pléonasme) cherchent à détourner l'attention sur leurs lamentables guéguerres infantiles en cherchant des poux aux femmes parce que les médias ne leur donnant quasiment pas de droit de réponse, ils peuvent y aller allègrement.

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  3. Les individus qui se sentent différents de leur sexe biologique, c'est quelle proportion de la population ? Une toute petite, non ?
    (par rapport à l'homosexualité qui constitue une minorité, comment dire, une grosse minorité, partout dans le monde ?)

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  4. Tu sais, je n'ai rien contre un courant de pensée, quel qu'il soit, s'il amène une réflexion et un plus.
    Or, je crois que ces théories sont particulièrement nébuleuses, qui plus est, elles n'ont pas trop d'impact dans les communautés homosexuelles.
    Il est une chose très différente de se sentir un mec ou une femme à part entière ou non, et d'être attiré par son contraire ou son propre sexe.
    En tant que travail de recherche, pourquoi pas?
    Mais je comprend qu'on puisse ne rien en tirer de positif, vu le peu de vulgarisation concrète qui est diffusée.
    S'il y a une chose que j'ai remarqué, c'est qu'effectivement, certains se rejoignent dans l'intolérance, parce qu'ils n'ont pas envie de penser que leur sexe ne leur donne pas, de facto, une supériorité. Que ce soit dans la phallocratie ou leur pendant féminin( je parle de certaines féministes radicales, pas de vous)
    Et puis, il y a un grand nombre qui se fichent totalement de tout ça.
    Donc, j'aimerais bien que tu vulgarise toutes ces théories, de telle sorte qu'on y voit plus clair.

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    1. Que je vulgarise... Je comprends. Simone de Beauvoir a dit "on ne naît pas femme, on le devient". Sous-entendu, ce n'est pas parce qu'on naît avec un sexe biologique féminin qu'on doit être condamnée à être inférieure aux hommes, qu'on doit être condamnée à être mère ou épouse, qu'on est condamnée à aimer l'autre sexe biologique: les hommes.
      Et inversement, on ne naît pas homme (socialement), on le devient.
      Le problème, si on ne prend pas en compte le concept de genre, c'est que le sexe biologique devient synonyme d'une prédestination sociale.
      Parce que tu es née fille, on va t'imposer des codes sociaux et culturels qui datent de la nuit des temps (rose, robes, douceur, abnégation, calme, retenue...)
      Parce que tu es né garçon, on t'impose aussi des codes sociaux dits masculins (force, virilité, pantalon, retenue des émotions...etc)
      Du coup, tous ceux et celles qui ne suivent pas ce code sont perçus comme des personnes trangressives.
      C'est ça le problème.
      Je ne sais pas si c'est plus clair....

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    2. Et les hormones dans tout ça ?
      Il y a des erreurs de casting, ces personnes ne se "prennent" pas pour d'autres, ils SONT dans leur code génétique, autrement que ce qui paraît à leur naissance.
      Et c'est dramatique, je les plains beaucoup.
      C'est vrai qu'ils sont très minoritaires mais ils existent et ont droit à la parole.
      Qu'en penses-tu ?

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    3. Soveig: oui. Justement, je demandais à Elodie si elle savait combien il y avait de transgenres, ou plus précisément quel était le pourcentage de transgenres dans une population donnée.
      On connait le pourcentage d'homosexuels, de personnes radicalement homosexuelles, ou juste un peu, parfois. Il est le même à peu près partout dans le monde,que l'homosexualité soit réprouvée ou pas, ce qui fait de la minorité homosexuelle (10% de la population, en ratissant large) une grosse minorité irréductible qu'on ne peut pas envoyer chez le psy. On a essayé pourtant, mais les bougres et les bougresses sont insensibles aux sirènes de la psychanalyse, aux électrochocs et à la peur de l'enfer. Seules la la lapidation, la décapitation ou autres méthodes un peu brutales sont efficaces pour réduire l'homosexualité, mais c'est terrible, il nait toujours autant d'homosexuels qu'on en supprime.Nos démocraties ont laissé tomber ce style de solutions, je fais partie des gens qui s'en réjouissent, bien qu'hétérosexuelle pratiquante. Bref, les homosexuels, chez nous, dans notre pays, ne sont plus pourchassés,excommuniés, bannis, condamnés, ils font partie de la normalité, un peu comme les roux carotte à peau tavelée de tâches de rousseur font partie des types de Français ordinaires, quoique minoritaires.(Pourquoi je parle des roux, moi ? je me le demande)
      Combien de trangenres, donc ? Elodie a bien étudié la question, c'est pourquoi je la questionne. Moi je ne sais pas. J'ai tendance à croire qu'ils sont très peu nombreux, heureusement parce que quand on les écoute, quand on les lit, ce n'est pas drôle pour eux et ils ne souhaiteraient pas cela aux enfants de leurs pires ennemis. Ils parlent d'"erreur de la nature", les concernant. "Je suis né garçon dans un corps de fille" (ou l'inverse) disent-ils et le reste n'est qu'un récit de souffrances. à cause de la société, des normes ? Oui, mais ces normes ont un socle commun dans le monde entier.

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    4. Je crois que nous sommes donc d'accord.

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    5. oui, mais je n'ai pas la réponse à ma question.
      (qui c'est la spécialiste, hein ?)

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    6. Je ne connais ni les pourcentages ni la spécialiste

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    7. Est-ce que dans les études sur le genre, on ne s'intéresse pas au nombre de personnes qui veulent changer de sexe, ou qui sont en galère de genre ?

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    8. (je me demande si je ne fais pas des confusions entre transgenres, transexuels, et autre chose encore)

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    9. Est-ce que dans les études sur le genre, on ne s'intéresse pas au nombre de personnes qui veulent changer de sexe, ou qui sont en galère de genre ?
      => Si bien sûr. Et je m'y intéresse évidemment mais je ne connais pas toutes les statistiques et les études sur le sujet tu t'en doutes.

      Pour la distinction entre transgenre et transexuel-le, c'est très subtil (et tout le monde n'est pas d'accord) puisque le premier met en avant une "opposition" (je n'aime pas trop ce terme => conflit, contradiction...) entre le sexe biologique et les codes sociaux-sexués, et le 2ème une opposition entre le sexe biologique et l'identité psychique.

      On peut aussi supposer que les transexuels peuvent aller jusqu'au bout du processus identitaire (travestissement, opération...etc.) Ce qui n'est pas le cas des transgenres.

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    10. Est-ce que la page wikipedia sur "transidentité" est valable ?

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Transidentit%C3%A9

      Dans 1 cas sur 2500, selon des estimations20, l'identité de genre d'une personne et son sexe biologique sont en opposition si radicale que la personne a entrepris une opération de réattribution de sexe. Il semble que les personnes non prises en charge soient environ 10 fois plus nombreuses, soit environ une personne sur 250. Pour finir, les personnes transgenres semblent 10 fois plus nombreuses que les personnes transsexuelles non prises en charge, soit environ une personne sur 25."

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    11. J'aimerais te dire oui mais franchement je n'en ai aucune idée. Et je ne comprends pas bien la notion de "prise en charge".
      Par contre, je pense en effet que les transgenres sont bien plus nombreux que transexuels (d'autant plus que les conséquences qui découlent d'une identité transgenre sont, je crois, bien moins "radicales" ou définitives).

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  5. "S'il y a une chose que j'ai remarqué, c'est qu'effectivement, certains se rejoignent dans l'intolérance, parce qu'ils n'ont pas envie de penser que leur sexe ne leur donne pas, de facto, une supériorité" euh---là j'aimerais bien que tu n'accuses pas sans preuve. Je ne connais pas de femmes et encore moins de féministes radicales qui demandent à ce que l'on reconnaisse une prétendue supériorité de la femme. Nomme quelqu'une de précis, stp, sinon tu es complètement dans la calomnie et ca c'est très moche.

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    1. Des lesbiennes que j'ai rencontrées?
      Ma belle-soeur?
      Des femmes que tu ne connais pas.
      Je ne parlais pas de toi,ni d'une femme de cette discussion je ne me serais pas permise.
      Quand aux machos, ce n'est pas les exemples qui manquent sur Internet.
      Et dans la vie non plus...

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    2. En admettant que ce soit le cas elles ne font pas grand bruit pusqu'il n'y a que toi qui les connaît. Tandis que les hommes qui se croient supérieurs aux femmes, il n'y a presque que cela et ils s'acharnent à nous le marteler chaque jour par tous les moyens qu'ils peuvent inventer pour nous maintenir dans une position subalterne. Alors il ne faut pas dire cela comme si on avait à faire à des rapports de force égaux.
      Les féministes radicales se sont données un mal de chien pour que des femmes (qui se dépêchent de clamer bruyamment qu'elles ne sont jamais de la vie féministes, mon dieu quelle horreur) puissent être assez libre pour écrire des blogs politiques sur le web par exemple.
      Elles se débrouillent toujours pour voir une égalité là où il n'y a absolument rien de tel.
      Je ne parle pas de toi bien sûr!;)

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    3. J'ajoutrerai aussi qu'il n'est pas nécessaire d'être homo pour revendiquer le droit de ne pas adhérer aux codes sociaux qui nous ont été imposés depuis l'enfance.
      Ainsi une femme qui ne portera jamais de jupes ou de robes sera vue comme un "garçon manqué" alors qu'elle sera juste une femme qui n'aiment pas ces fringues là. point barre.

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  6. Votre mauvaise foi est tellement lisible, et attendue en plus, qu'elle fait doucement rigoler dans les milieux "autorisés". Vous vous prenez pour des révolutionnaires en talon aiguille... C'est votre droit le plus absolu dans notre beau pays de France. Sachez que l'on vous attend au tournant et que l'on va bien rigoler quand votre petit complot féministe revolutionnaire du talon ferra... Pschitttttt. Aller encore une petite gorgée pour la route :-)

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  7. Dans les milieux "autorisés" on a du peut-être se rendre compte que le féminisme est un mouvement de libération des femmes, par les femmes, dont le but est l’égalité sociale. Ce n’est pas une « révolution », c’est un mouvement de fond qui vise à assurer aux femmes le statut qu’on leur a dénié pendant des siècles.
    Si on ne sait pas cela dans les milieux "autorisés" c'est qu'"on" a grandement mérité les railleries d'Elooooody. Alors pas la peine de pleurnicher.

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