vendredi 22 février 2013

Les exilés fiscaux: ces catastrophistes monomaniaques

world company et exil fiscal
C'est un phénomène assez méconnu, le spleen des éxilés fiscaux.
Ils quittent la France et paient leurs impôts ailleurs. C'est un fait.
Mais ils ont une excuse. Ils sont déprimés.

Il se sentent un peu comme les passagers de 3ème classe à bord du Titanic qui coule.
La France, ce nouveau Titanic.

Alors, ils sautent dans une embarcation de fortune et fuient vers la Suisse, par exemple.
La Suisse mais aussi le Luxembourg, la Belgique, l'Angleterre, la Russie.

N'importe où sauf en France.
Finalement, ils sauvent leur peau.

Pierre Chappaz, par exemple, semble justifier son choix en expliquant qu'en France, tout fout l'camp, le pays est foutu... Limite, on va tous mourir.

En une seule journée, toutes les calamités apocalyptiques s'abattent sur la France.
On notera qu'il met dans le même sac la mort de 2 policiers sur le périph, la nomination de Ségolène Royal à la vice-présidence de la BPI, et la "nouvelle" affaire DSK.
Un amalgame assez élégant.

Les exilés fiscaux, comme Pierre Chappaz, reconnaissent que la France a clairement besoin de trouver du fric quelque part, mais si la France pouvait éviter de leur pomper leur fric à eux, ce serait mieux. Alors ils se cassent.
  • Comme Christian Clavier.
  • Comme Johnny Halliday.
  • Comme Gérard Depardieu. 
  • Comme Alain Delon.
  • Comme Bernard Arnault.
  • Comme Alain Afflelou. 
  • Comme je-ne-sais-plus-combien de sportifs.
  • Et comme tous ceux et toutes celles que j'oublie.
Comme Arthur qui, certes vit en France, mais vient de délocaliser sa société de production Arthur World Participation Group (AWPG) au Luxembourg.
On appréciera au passage à modestie du nom de sa boîte.

Arthur en mode World Company. 

Bien évidemment, langue de bois et démagogie obligent, l'une des portes-parole de l'animateur, reconverti en humoriste, dément toute fuite fiscale. Et l'argument qu'elle utilise m'a bien fait marrer:
"Arthur a déjà créé des sociétés à l'étranger, notamment aux États-Unis et en Suisse, et aujourd'hui au Luxembourg".
Tu parles d'un argument!
Comprenez: Arthur a déjà investi dans un paradis fiscal, la Suisse, donc il est logique avec lui-même et continue ainsi.
Pour autant, les positions d'Arthur semblent claires et précises:
"Toutes les sociétés française du groupe - y compris la société transférée qui conserve une succursale en France - acquittent leurs impôts en France et continueront de le faire à l'avenir. Il en va de même pour son président, Jacques Essebag dit Arthur, qui est résident fiscal français."
Ouf! L'honneur est sauf.
Donc, il continuera de payer ses impôts en France.
Certes. Mais il en paiera beaucoup moins.
Pirouette Cacahouète.

Car, si ses activités en France restent soumises à l'impôt français, le statut de holding luxembourgeoise que vient d'acquérir sa société, lui permet de réduire considérablement la note.  
Pas folle la guêpe!

Ainsi, au Luxembourg, le taux d'imposition des sociétés est de 28,8% (33,3% en France). Ensuite, il n'est pas exclus que les profits générés par la "succursale" française soient remontés vers la société mère nouvellement basée au Luxembourg. Le tout, sans aucune ponction du fisc français. 
Mais ce n'est pas tout.
Le régime fiscal luxembourgeois permet aussi - sous certains conditions - que les dividendes perçus au Luxembourg soient exonérés d'impôt, un peu comme les plus-values de cessions de filiales ou de titres (source).  

Mais puisqu'on vous dit que cette délocalisation n'a rien de fiscal. Croyez donc Arthur!

Et puisque même son avocate le dit, c'est que c'est vrai:
"Le holding AWPG a une vocation internationale, d'où le choix du Luxembourg qui offre des opportunités d'investissements que ne permet pas la France". (source)
Donc, il paie et continuera de payer ses impôts en France, et s'il a délocalisé au Luxembourg, c'est juste pour les affaires. Ne soyons pas mauvaises langues.

Un avis que ne semble partager notre Ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, qui a déclaré ce matin sur Canal+: 
"Si jamais il y a de l'argent public qui intervient, ou si les chaînes relèvent du service public, il faudra être vigilant. [...] Je n'ai pas envie qu'on fasse de traitement de faveur pour des gens qui ne se serrent pas les coudes avec l'immense majorité des Français qui ne sont pas dans les mêmes conditions qu'eux dans leur vie quotidienne".
Donc, dans la liste des fléaux qui s'abattent sur la France, Pierre Chappaz a oublié de mentionner la délocalisation au Luxembourg de la World Company d'Arthur.

Mais on n'est plus à ça près vous m'direz. 

Je me demande si Gérard Depardieu osera faire le déplacement jusqu'au théâtre du Châtelet ce soir pour la Cérémonie des Césars...

... Nan... J'plaisante! Je m'en fous.           

14 commentaires:

  1. Tiens, C'était France Télévision (Argent public) qui avait lancé les "animateurs-producteurs" (Arthur, Nagui, Delarue etc) pour concurrencer TF1, c'était sous la Présidence de Jean-Pierre Elkabbach

    Soupçons sur le système Elkabbach. Le rapport de la Cour des comptes pourrait engendrer des poursuites.

    Extrait:
    «La plupart des sociétés d'animateurs-producteurs n'ont vu le jour que grâce à l'argent public dont elles ont bénéficié», note la Cour, «et n'ont fonctionné que par la commande publique. La naissance de Réservoir Prod est l'exemple le plus spectaculaire de cette dérive.» La Cour se pose en outre des questions sur «la véritable nature» des sociétés des animateurs. «Quelle que soit la forme retenue: Eurl (Air Prod de Nagui), Sarl (Diesair, Image on air, de Nagui, Case Production d'Arthur), ou SA (pour Réservoir Prod) on est en droit de s'interroger sur la nature des sociétés créées». Selon la Cour, leur «réalité économique» était «de gérer les fonds publics dans le cadre de structures sociétaires écrans fictives». «Le contenu de l'émission important peu, ce qui surprend», conclut la Cour des comptes .

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  2. Robert Marchenoir22 février 2013 à 18:00

    Vous oubliez qu'un flux régulier de jeunes gens sans patrimoine, pour certains tout juste sortis de leurs études, émigre désormais de France dès qu'il en a la possibilité, pour exactement les mêmes raisons qu'Arthur, Depardieu, Arnault, etc.

    L'année dernière, le programme vacances-travail du Québec mettait 6 mois à écouler son quota de visas pour la France. Cette année, tous les visas sont partis en 48 heures. Ils ne sont pas destinés aux millionnaires.

    L'Etat n'a pas besoin de trouver de l'argent. Il a besoin d'en dépenser moins. Et d'arrêter d'intervenir dans la vie des citoyens.

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    1. Vous savez pertinemment que ce billet ne parle pas des exilés sans patrimoine mais de celles et ceux qui en ont et qui cherchent soit à échapper au fisc français, soit à réduire la note.
      "arrêter d'intervenir dans la vie des citoyens" => c'est à dire?

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    2. "arrêter d'intervenir dans la vie des citoyens"...ça voudrait dire que ce monsieur est anarchiste ? "les anarchistes libéraux"...la nouvelle tendance à la mode ?

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    3. oui c'est nouveau ça vient de sortir!

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    4. en fait non ça n'est pas nouveau. Les libéraux veulent que l'Etat ne s'occupe que de police, justice, armée et diplomatie, au niveau national ou au niveau fédéral Européen, et pas de

      - produire des émissions TV
      - dire qui peut ou ne peut pas se marier
      - embaucher des gens pour faire des voitures
      - s'occuper du droit du travail
      - gérer les retraites et la santé
      - faire rouler des trains
      - loger des gens en HLM

      bref toutes ces missions qu'il fait mal, ou à un cout élevé puisqu'à crédit.

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    5. vous pensez que c'est à l'Etat de s'occuper de tout ca, parce que les français sont débiles, ou bien vous croyez que les citoyens pourraient s'organiser de manière plus efficace car les gens savent mieux que quiconque ce qui est bon, ou pas, pour eux ?

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    6. Vous connaissez ma réponse. Je pense que l’État doit aider les citoyens à s'organiser de manière plus efficace pour reprendre vos termes.

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    7. nous ne sommes plus au Moyen Age, Internet existe. Les citoyens peuvenht échanger directement entre eux.

      D'autre part, en plus des privations de libertés qu'implique l'existence dy systeme ultra étatique, il y a aussi le cout, dont une partie est à crédit, le tout pour un rendement parfois contestable ...!

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    8. "nous ne sommes plus au Moyen Age, Internet existe. Les citoyens peuvent échanger directement entre eux."

      Et donc?

      Désolée mais je ne vois pas rapport avec mon billet hein.

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