jeudi 18 avril 2013

Homoparentalité: halte aux arguments moisis!

homoparentalité
Ce débat et les manifestations qui l'accompagnent et qui n'en finissent plus me lassent. Mais je ne suis pas la seule. A gauche comme à droite, nous sommes nombreux à penser que ça a trop duré.
J'en ai parlé ici des dizaines de fois, vous savez très bien ce que j'en pense.

Depuis le début de ce débat, toutes sortes d'arguments ont fleuri. On a eu le droit à de sincères interrogations sensées et argumentées, mais on a aussi eu le droit à des envolées lyriques complètement crétines.
On a placé le bien être de l'enfant au 1er plan, ce qui est tout à fait normal, légitime, logique... Bref, tout ce qu'on veut.

Je fais partie de celles et ceux qui sont convaincus que grandir avec des parents homosexuels n'est ni une tare, ni un handicap, ni une abomination.

Parmi les détracteurs qui ont des arguments moisis, on en trouve qui se donnent bonne conscience en défendant l'épanouissement de l'enfant.
Ainsi, ils estiment que le mariage homosexuel n'offre pas les conditions optimales pour qu'un enfant s'épanouisse. 

Je voudrais bien savoir ce qu'on entend par "épanouissement de l'enfant".
Sur internet, on trouve toutes sortes de définitions. J'en ai relevé deux qui résument toutes les autres:
"L'accompagner sur le chemin de l'autonomie tout en le protégeant; l'aider à grandir en tant qu'individu à part entière tout en lui inculquant des bases saines... Un subtil équilibre à trouver au fil du développement de son enfant." (source)  
Rassurer l'enfant, lui fixer des limites, l'aider à avoir une bonne image de lui, l'encourager dans ses découvertes, l'autoriser à accomplir les choses par lui-même, lui apprendre à s'ouvrir aux autres, être heureux pour le rendre heureux. (source) 
Du coup, j'en arrive à me demander si avancer cet argument quand on est contre le mariage pour tous tient vraiment la route.
  • En quoi les couples de même sexe seraient-ils moins capables que les autres d'accompagner leur enfant dans son épanouissement personnel?
  • Quelles sont les tares dont on les accuse pour qu'ils soient voués à l'échec dans cette lourde tâche?
Je vais conclure ce billet en posant une question qui en choquera peut-être certains, mais tant pis.

Si je suis la logique des anti mariage pour tous qui placent l'épanouissement de l'enfant au cœur de leurs revendications, que pensent-ils alors des personnes handicapées physiques, par exemple, qui veulent un enfant mais qui, de par leur handicap, sont souvent contraints à avoir recours à la PMA?
Devrait-on leur interdire de se marier puisque "le mariage, c'est la filiation" et que leur handicap les exclut de cette capacité physique?

Il va falloir être logique et reconnaître que cet argument de l'épanouissement de l'enfant ne tient pas la route deux secondes.

C'est un faux prétexte qui donne bonne conscience à celles et ceux qui vocifèrent contre le mariage pour tous.
C'est un faux prétexte qui cache une homophobie de plus en plus visible.
C'est aussi un faux prétexte politiquement correct qui permet aux pires d'entre eux de faire valoir bien d'autres arguments vraiment crades.       

20 commentaires:

  1. Juste pour être le premier !

    Sinon, à partir du moment où, dès votre titre, vous affirmez que les arguments sont moisis, pourquoi vous fatiguer à développer ensuite ?

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    1. 1. Parce que je suis maso
      2. Parce que je n'avais pas de titre

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  2. J'irai même plus loin : pourquoi ne pas faire passer un test avant le mariage. En seront exclus ceux qui ne veulent pas d'enfant (par choix), ceux qui ne veulent plus d'enfants (famille recomposée), ceux qui ne devraient pas se reproduire (maladies ) ... Ben oui puisque le mariage c'est la filiation et c'est contre nature pour des homos d'avoir des enfants (argument entendu de vive voix, hélas )
    J'ai peur qu'avec tout ça nos mairies soient désertes !!
    Je crois que je n'en peux plus de ces andouilles ! Et franchement je me demande si je vais rester non violente si j'en vois dans ma ville !!

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    1. Oui voilà! Soyons fous, trions tout le monde â l'entrée des mairies!
      C'qu'ils sont fatigants...

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  3. A quoi voit-on qu'un argument est moisi ? Est-il couvert de filaments bleu-vert , blanchâtres ou d'une autre couleur ? Si on gratte soigneusement le moisi de sur l'argument, peut-on encore le consommer ? Quels genres d'arguments s'opposent au moisi ? Frais ? Aseptisés ? Pour qu'un argument ne moisisse pas, faut-il y incorporer des conservateurs (ce qui serait paradoxal !)? Tant de questions m'assaillent !

    A part ça, s'opposer au mariage gai ne veut pas nécessairement signifier qu'on soit homophobe. Personnellement; je ne suis ni homophobe ni homophile pour tout dire je m'en fous totalement. Ce ne sont pas les orientations sexuelles des personnes qui m'intéressent mais leurs qualités. De là à leur ouvrir le droit au mariage, il y a un pas que je ne franchirai pas. Moisis ou pas, il est inutile d'avancer des arguments pour défendre des évidences. Si elles n'apparaissent pas comme telles à certains je n'y peux rien. Nous raisonnons toujours sur la base de prémisses. Lorsque ces dernières sont récusées la discussion devient sinon impossible du moins stérile.

    Bonne nuit, Eloooooooooooooooooooooooooody (Je vous offre quelques jolis "o" supplémentaires et entièrement gratuits. Ne me remerciez pas, je suis de nature généreuse.) Continuez de nous divertir !

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  4. C'est vrai que les enfants s'épanouissent mieux dans les couples hétéros.
    Certains congélateurs en conservent même longtemps le souvenir ....

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    1. Si l'on suit ce type de "raisonnement" foireux, il serait également néfaste de faire des études, par exemple, dans la mesure où on a déjà vu des bac + 7 massacrer leurs voisins à la tronçonneuse ou violer leur crémière, alors qu'il y a des tas d'ignorants qui ne font de mal à personne.

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    2. Euh... Je pense que le commentaire de Solveig était à prendre au 12ème degré hein

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    3. Pas sûr. Pas sûr du tout. Ce type de raisonnement revient en boucle chez les partisans du mariage guignol, qui consiste à mettre en parallèle un couple d'homosexuels “normaux” et, par exemple, un couple hétérosexuel dont l'homme ne dessaoule pas du matin au soir et dont la femme passe son temps à coucher avec tout le quartier, si possible devant ses enfants. Ensuite, il ne reste plus qu'à poser la question qui tue : chez lequel de ces deux couples pensez-vous qu'un enfant s'épanouira le mieux ?

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    4. Bon en tous cas, ce n'est pas mon raisonnement. Toujours est-il que vous connaissez ma réponse à cette question qui tue.

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    5. Je n'ai pas dit que c'était le vôtre. Quant à la question qui tue, sa caractéristique est justement que tout le monde ne peut que fournir la même réponse. Même chose pour : préférez-vous attraper la grippe ou le sida ? Doit-on déduire, de la réponse générale prévisible et certaine, que la grippe est inoffensive ?

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    6. On tourne en rond. Ça veut bien dire que grandir dans un couple homosexuel n’expose pas les enfants à "plus de risques" que grandir dans un couple hétéro.

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    7. Non, justement, ça ne veut pas dire ça. Maiqs restons-en là.

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    8. j'ai bien compris rassurez-vous.

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  5. Je sais, je suis en retard... mais le sujet m'interpelle, celui-là aussi donc...
    je voudrais qu'enfin on parle des familles monoparentales.. et oui peut-on penser qu'un enfant sera plus heureux avec un seul parent plutôt que deux ? quels qu'ils soient ? moi je vote pour deux car à deux c'est mieux...
    Notre société évolue, il va bien falloir s'adapter, je rappelle donc les chiffres de l'INSEE : en 2005, 1,76 millions de familles sont monoparentales, dont 85% sont des femmes. 2,8 millions d'enfants vivent en famille monoparentale, ce qui représente 17,7% des enfants dans notre beau pays. (http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1195)
    Alors ? et ces enfants là ? on en fait quoi ? ils en souffrent pourtant et je parle par expérience.
    Donc pour les enfants, je vote pour deux parents !!! l'essentiel c'est le travail d'équipe et je vous garantie qu'élever un ou plusieurs enfants, c'est un vrai travail....

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    1. Du moment que l'enfant est heureux et bien entouré, le nombre de parents m'importe peu en ce qui me concerne.

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  6. J'aurais aimé avoir des parents LGBT ! J'en ai chié avec les miens : deux hétéros d'la vieille école. Mai 68 ils ne l'ont pas senti passer... Ca ne m'a pas aidé à bien me construire, mon estime de moi fut très très basse. Heureusement que j'ai pu me reconstruire sur d'autres supports plus ouverts et plus respectueux de ce que je suis.
    j'aurais voulu avoir deux taties comme Edna et Patsy dans Absolutely Fabulous. Comme deux taties un peu foklo qui m'auraient appris le bon côté de la vie.
    De toute façon, devant le rôle parental on est toux égaux : on fait des ratés et de belles choses.

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