mercredi 3 avril 2013

Monsieur le Président, le nettoyage de printemps, c'est maintenant!

Grand nettoyage de printemps
Monsieur le Président de la République,

J'avais décidé de commencer ce billet par "Cher François", puisque en tant que socialistes, nous sommes camarades. Sauf que comme vous avez déclaré chez David Pujadas que vous n'étiez plus un président socialiste mais le Président de tous les Français, je me suis ravisée.
Je vous servirai donc du "vous" et ce, même si le "tu" me démange.

J'ai fait campagne pour vous. J'ai soutenu chacun de vos engagements. J'ai salué votre promesse de République irréprochable, j'ai approuvé votre charte de déontologie, j'ai aussi apprécié qu'une commission de rénovation et de déontologie de la vie publique soit mise en place. 
Je m'insurge depuis le début de votre mandat contre celles et ceux qui crient à l'heure du bilan trop vite.
Je m'insurge contre celles et ceux qui ont l'insulte facile, la critique rapide, même si je reconnais qu'il m'est arrivé parfois de manquer de recul. 

Toujours est-il que là tout de suite maintenant, c'est la merde François tuile Monsieur le Président.

Je ne doute pas un seul instant que vous n'étiez pas au courant des manipulations frauduleuses de Jérôme Cahuzac. Je ne doute pas un seul instant non plus que votre Premier Ministre n'en savait rien.
Jérôme Cahuzac a menti, il a trahi, et votre allocution sur le sujet était limpide.
D'autres avant vous auraient été bien avisés de faire de même lorsque des affaires sordides ont éclaboussé la République.
Mais cette République d'alors n'était pas irréprochable.

Et si je puis me permettre, j'ose espérer que Jérôme Cahuzac n'est pas un arbre qui cache une forêt.
Mais comme je vous fait confiance, je nourris l'espoir que vous mettiez de l'ordre dans tout ça.
A défaut d'avoir pu bénéficier d'enquêtes de moralité politique dignes de ce nom lorsque vous avez constitué votre gouvernement, j'ose espérer que cette "affaire Cahuzac" va déboucher sur un grand nettoyage de printemps.
Profitez-en, il semble que la météo commence à être avec vous pour aérer les tuyaux de la République.
Mais loin de moi l'idée de vous encourager au remaniement ministériel ou à la dissolution de l'Assemblée Nationale, comme on peut le lire ici ou là.
En revanche, je ne puis que vous encourager à vérifier, avec les moyens qui sont les vôtres, que d'autres Jérôme Cahuzac ne sont pas dissimulés derrière les fourrés ou dans les bureaux des Ministères.

Le vase des Français est déjà bien plein et cette goutte d'eau dans l'océan de la Vème République ressemble de plus en plus à une inondation nauséabonde.

Les nouvelles sont mauvaises François Monsieur le Président. Car on apprend à l'instant que Jérôme Cahuzac aurait entretenu quelque relation douteuse avec un ancien membre du GUD, proche de Marine Le Pen.

Faites de ménage Monsieur le Président.

Et même si je suis très patiente nous sommes très patients dans l'ensemble, faites-le vite.
Redonnez-confiance aux Français.
Montrez-leur votre fermeté, votre intransigeance, votre volonté de transparence.
Prouvez-leur que la politique n'est pas qu'un cloaque moisi par la fraude, la manipulation et les mensonges. 
Sans vouloir vous commander, je ne me le permettrais pas.

A moi, vous n'avez rien à prouver sur ce dernier point. Je suis une idéaliste et je crois en la politique. Je milite avec ferveur parce que j'y crois.
Mais nous ne sommes pas tous des militants. 
Entendez le cri du cœur de Gérard Filoche.
Mettez de l'ordre dans la politique, à gauche comme à droite, puisque vous n'êtes plus le Président d'aucun parti.
Prenez le taureau par les cornes que diable! Créez des postes de fonctionnaires des impôts, des contrôleurs fiscaux, des policiers, des gendarmes, des magistrats...
Réparez les conneries erreurs de votre prédécesseur.

Donnez-vous les moyens de lutter, mais de lutter vraiment, contre cette fraude fiscale qui ruine notre pays. Et il va sans dire que je parle de la Grande Fraude Fiscale, celle dont les rouages sont si complexes qu'ils dépassent l'entendement des Français moyens, dont je suis.

Souvenez-vous Monsieur le Président, souvenez-vous du Bourget:
"Et je lutterai contre tous les trafics, toutes les mafias. Pas plus que je n’accepte la délinquance financière, la fraude fiscale, pas plus je ne tolère qu’un petit caïd avec sa bande mette une cité en coupe réglée et fasse vivre à ses habitants un enfer. Tous ceux-là, les délinquants financiers, les fraudeurs, les petits caïds, je les avertis: ceux qui ont pu croire que la loi ne les concernait pas, le prochain président les prévient, la République, oui, la République vous rattrapera!" 
Tenez vos promesses Monsieur le Président, et expliquez aux Français que ça va prendre du temps pour avoir la peau des Grands Fraudeurs Organisés. Mais ça paiera, j'en suis sûre. Ils paieront.

Je vais revenir au tutoiement qui me démange tant François.

Tu as (encore) toute ma confiance. Mais secoue-toi. Parce que ça va devenir très compliqué de démonter l'argument du "tous pourris".

Salut Camarade Sincères salutations Monsieur le Président.

(p.s: je t'ai mis plein de liens histoire que tu puisses avoir une impression plus large de l'ambiance sur la toile.)

23 commentaires:

  1. Cc à François (je suis co-signataire, Mr le Président)

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  2. Dans le cas du président Hollande, on ne parle pas d'une tuile, mais d'une Tulle.

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  3. "Tu as (encore) toute ma confiance. Mais secoue-toi. Parce que ça va devenir très compliqué de démonter l'argument du "tous pourris"." C'est foutu.

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    1. Mais non mais non.
      Secouons-nous nous aussi.

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  4. Le mensonge fait partie intégrante de la politique. À chaque élection, les politiques (tous bords confondus) nous mentent sans vergogne en nous appâtant avec des promesses qu'ils savent pertinemment ne pas pouvoir tenir.
    L'affaire Cahuzac n'est qu'une nième affaire de plus et certainement pas la dernière.

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    1. Sans doute.
      Mais il faut y croire quand même non?

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    2. Cela fait bien longtemps que je n'y crois plus. Parfois, j'essaie d'y croire à nouveau, mais...

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  5. billet qui aurait gagné à être plus politique que juste une déversée...

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    1. Je n'ai rien à gagner hein.

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    2. Et une déversée de quoi? Banalités? Sentiments persos? Futilités?

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  6. Oui bon, c'est sur qu'il a l'air ému l'ami Filoche, mais son cri du cœur j'aurais aimé aussi l'entendre il y a deux ans quand le bureau de son parti a jeté aux oubliettes l'audit de Montebourg sur les agissements de la fédération ps des Bouches-du-Rhône et de Guérini (resté aux affaires tout ce temps...).

    Si vous voulez mon avis, je trouve tout aussi douteuses les réactions d'une partie de la droite que celles de la gauche dans cette histoire.
    Cela donne un peu le sentiment (au-delà du tous pourris et du petit cirque médiatique) qu'ils se tiennent un peu par la barbichette les petits copains de l'alternance politique.

    J'attendrais, à votre place, l'info à paraître dans Le Point d'aujourd'hui avant de renouveler votre confiance au Président.

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    1. Allons bon, il va sortir quoi Le Point?
      Pour les BdR, nous sommes d'accord.

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    2. Oh, rien de bien sensationnel ou qui soit de nature à me réjouir, croyez-le (vous avez du lire ça d'ailleurs ici ou là):

      "L'Elysée aurait été destinataire dès le mois de décembre d'une "note blanche" confirmant les accusations de Mediapart, selon Le Point à paraître demain jeudi, qui l'annonce dans un tweet de sa rédactrice en chef adjointe Béatrice Parrino."

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    3. Ce n'est pas réjouissant si c'est vrai en effet.

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  7. C'est bien de croire en eux, mais êtes-vous sur qu'ils sont dignes de votre foi?

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    1. " ..êtes-vous sure". Désolé Elody.

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    2. Je ne me pose pas trop la question. J'accorde ma confiance certes, mais même dans la vie "quotidienne", heureusement que je ne réfléchis pas systématiquement à la dignité de celles et ceux à qui je l'accorde car sinon, je me torturerais le cerveau.

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  8. Bravo, je ne retirerais pas un mot de ce billet. C'est aussi mon ressenti de militante mais j'ai peur maintenant qu'il nous soit difficile, voire impossible, de faire remonter la popularité du Président et du gouvernement.

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    1. Oui ça va être difficile. Mais nous ne sommes pas là QUE pour faire remonter sa cote: motiver, argumenter, prouver que ça vaut encore le coup de s'engager...

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