mercredi 15 mai 2013

Récession en béton et retraites en or

récession
La récession, la crise, la baisse du pouvoir d'achat, le black-out total... On ne parle que de ça depuis ce matin.
Et tout serait la faute de François Hollande.
C'est tellement simple. Comme si de tels constats ne portaient que sur sa première année mandat.
Bref.
La récession est en double TT (trending topic) France sur Twitter. 

On est dans la merde, on va tous en chier. Mais on l'a bien cherché, on n'avait qu'à pas voter pour François Hollande. Voilà en substance ce qu'on peut lire ici ou là.

Heureusement que certains comme Melclalex ont la présence d'esprit de nous rappeler que:
"Le pouvoir d'achat est en baisse non pas depuis peu mais depuis mi-2011 puisqu'il a baissé 3 trimestres consécutivement avant l'élection présidentielle puis au cours des 2 derniers trimestres de 2012". 
La machine était donc bien amorcée par la précédente équipe de winners qu'on avait au pouvoir.

Et parmi les winners, il en est un qui s'en sort carrément mieux que les autres même s'il s'est viandé à l'élection présidentielle.

Alors que nous sommes en récession, que c'est le black-out, notre ex-président - comme tous les autres avant lui... Enfin ceux qui sont en vie hein - perçoit 63 000 brut par an, soit 5 250 € par mois, au titre de son mandat présidentiel seulement.
Pour les avantages en nature, il a droit à un garde du corps ad vitam aeternam jusqu'à ce que mort s'ensuive, une voiture et un bureau. Mais comme les Présidents de la République n'ont pas été que Président de la République, ils cumulent les retraites de nombreux autres mandats.
Par exemple, pour notre cher Jacques Chirac, le montant total de sa retraite rente est de 31 000 € par mois, idem pour VGE qui touche plus ou moins la même chose.

Et je dois avouer que ça me débecte pas mal.

Et puisqu'on parle retraite, mettons carrément les pieds dans le plat. J'ai beaucoup de mal à accepter certains avantages en nature que certains retraités perçoivent toute leur vie en fonction du job qu'ils ont exercé. Genre des tarifs réduits sur l'électricité, l'eau ou le gaz, des voyages à 10% ou carrément gratos sur le réseau SNCF ou dans certaines compagnies aériennes.

Je dois être un peu jalouse peut-être. Bon ceci dit, c'est pas grand chose comparé aux retraites de nos ex-présidents.

Et puis, quitte à me faire des ennemis à ma gauche, je fais partie de ceux qui n'en ont strictement rien à secouer de bosser jusqu'à 70 ans.
Si je dois bosser jusqu'à 70 ans pour avoir le bon nombre d'annuités, je m'en fous.

Par contre, je trouve carrément indécent d'imposer un âge légal plus élevé à celles et ceux qui ont leurs annuités.   
Et évidemment, pour celles et ceux qui exercent des jobs crevants ou usants jusqu'à la moelle, je suis favorable à des aménagements. Idem pour les femmes qui ont souvent été contraintes de s'arrêter de travailler pour élever leurs enfants à une époque où les hommes s'en souciaient peu.
 
Et quitte à me fâcher carrément avec ma gauche, je n'ai jamais trop bien compris pourquoi les salariés du public pouvaient se barrer plus tôt que ceux du privé et à un taux plus avantageux.
Mais comme je suis une indécrottable chômeuse qui n'y connais rien en économie, je compte sur vous pour éclairer ma lanterne.  

Ah! et quand on me parle de retraite, ça me fait penser à la Côte d'Azur, maison de retraite géante pour seniors en mal de soleil. Et du coup, ça m'évoque Cannes et son Festival.
Je suis cinéphile.
Tous les ans, je regarde le Festival de Cannes:
  • ses grosses bagnoles
  • ses belles robes
  • ses bimbos
  • ses bijoux
  • ses strass
  • ses paillettes
Mais pas son soleil puisque tout le monde sait que tous les ans, à Cannes, il flotte.  

Mais là, j'avoue que cet étalage de bling-bling en pleine récession, je trouve ça quelque peu décalé, anachronique, je sais pas.  
"Mais c'est du rêve enfin!"
Mouais. Sans doute.     
Festival de Cannes 

14 commentaires:

  1. « Si je dois bosser jusqu'à 70 ans pour avoir le bon nombre d'annuités, je m'en fous. »

    Vous dites ça parce que vous n'avez pas encore commencé…

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    1. Faux!
      J'ai bossé en saisonnière à chaque vacances entre 18 et 22 ans et j'ai bossé 25h/semaine entre 22 et 25 ans et à temps plein entre 25 et 32 ans.
      Chômage à temps plein depuis!

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    2. Si, comme moi, entre 18 et 22 ans, vous avez travaillé les trois mois de vacances estivales, la bonne nouvelle est que cela vous donne droit à vos quatre trimestres pour chaque année. Même chose, évidemment, avec les 25 heures par semaine.

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    3. Et oui! Inutile de vous dire que je collectionne les relevés Ircantec...
      Donc je maintiens: si j'ai la forme et si j'ai la chance de ne pas exercer un taf éreintant, je n'ai aucun problème à bosser jusqu'à 70 ans.

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    4. Malheureusement, vous aurez sans doute un avis légèrement différent aux alentours de 56 ou 57 ans…

      (Surtout si vous avez pondu des chiards comme d'autres des billets de blog !)

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    5. Peut-être. Espérons que sur ce point, je tiendrai de mon père qui va s'arrêter de bosser dans 18 mois à 67 ans alors qu'il y est depuis l'âge de 16 ans.
      En même temps, ça fait 10 ans que je l'entends dire "à la fin de l'année j'arrête"...

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    6. Je connais : je dis la même chose à propos du pastis. Sauf que, pour la picole, y a pas de retraite, donc je suis bien obligé de continuer. Putain de vie, tiens…

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    7. Elo'Dy, laisse tomber, c'est un vieux.

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  2. Bonjour Elody,

    Si vous comparez votre sort à celui d'un membre de l'aristocratie républicaine, vous parviendrez invariablement à cette conclusion: c'est injuuuuste!

    Et... oui, effectivement, ça l'est.

    Une aristocratie, républicaine, monarchiste, ploutocratique, technocratique, religieuse ou autre - médiatique par exemple (comme celle qui s'exhibe à Cannes), a un coût plus ou moins élevé, mais qui doit bien être assumé par le corps social.

    L'important n'est pas nécessairement cela, même si ça fait mal un cul, je vous le concède. L'important est de savoir si le système est encore capable de vous servir la petite rente qui fait que vous savez qu'il est injuste, mais que vous l'acceptez malgré tout, parce que vous touchez quand même un petit quelque chose.

    C'est ce qu'on appelle le système de répartition pifométrique: chacun sait qu'il est fondamentalement injuste, mais tout le monde ferme sa gueule, parce qu'il en retire au moins un petit quelque chose qui lui rend la vie supportable.

    La différence, par rapport à l'ancien temps (avant Internet): avant, on fermait sa gueule. On percevait le pécule, tête baissée, on le dépensait, et puis on votait pour tel ou tel nouveau maître qui, comme le précédent, perpétuait le système, moyennant quelques améliorations à la marge.

    Aujourd'hui, rien n'a fondamentalement changé, sauf qu'il faut se tartiner les jérémiades des mécontents sur Internet.

    Bon, la liberté d'expression est sacrée, je vais donc pas vous emmerder sur vos choix éditoriaux.

    M'enfin, sincèrement, vous vous attendiez à quoi?

    Didi a raison: vous vivez sur l'illusion de votre jeunesse. Vous monnayez votre vie, à un âge où elle vous sera certainement plus pénible qu'aujourd'hui (les varices, l'incapacité sexuelle, l'arthrose, les rhumatismes, le ralentissement mentale, etc) pour racheter dans le futur les vertus prétendument attachées à votre statut de salariée au chômage dans le présent.

    Dit plus simplement: vous êtes prête a sacrifier votre vieillesse de demain pour acheter votre chômage d'aujourd'hui.

    Vous tenez ce qu'on appelle des propos de "tard avisés" (après tout, vous êtes historienne, alors je vous pars du principe que vous savez ce que cela signifie) teintés d'une telle amertume qu'on pourrait craindre, pour vous, et pour nous tous, qu'ils ne consistent finalement qu'en un cri de frustration, si peu différent de celui que pousse l'esclave révolté qu'on ne peut raisonnablement croire qu'ils forment l'expression d'une pensée qui se cherche sérieusement, entre la rébellion nécessaire et la démocratie appliquée au réel.

    Bon allez, mettons que c'est un coup de blues.

    C'est grave, docteur?

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  3. Oui, mais faites vite.

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