mercredi 31 juillet 2013

"Théorie du genre" ou théorie du complot? La désintox, c'est maintenant!

"Gender again", ça pourrait faire un titre de chanson. Ou de rengaine plutôt.
40 ans que ça existe. Le Gender.

Ce mot intraduisible en français sinon par le mot "genre" qui renvoie inévitablement au genre grammatical masculin ou féminin. Juste deux genres grammaticaux. Pas trois ni quatre. Pas neutre non plus.
D'ailleurs, les mots neutres en Français, on les cherche encore hein. Il n'y en a pas ou tellement peu qu'aucun ne me vient à l'esprit.

Personnellement, même si j'aime bien féminiser certains termes dont l'orthographe permet une féminisation, je ne suis pas une acharnée des suffixes féminins. Je suis plutôt du genre à coller un article féminin devant un nom à priori masculin. Ainsi "une députée" ou "une député", ni l'un ni l'autre ne me dérange même si je sais que les puristes préfèreront la seconde formulation puisqu'elle ne comporte pas d'erreur orthographique.
D'ailleurs, on n'est pas à l'abri que j'en lâche quelques-unes car je couve une conjonctivite et je vois flou.
Mais je m'égare.

Revenons au genre. Ce mot fourre-tout qui est devenu la vitrine des divagations et des délires chez nombre de rétrogrades ou réacs.

Du genre, on a glissé vers la théorie du genre. Un truc fumeux qui ne veut rien dire. 

Immédiatement, avec le débat sur le mariage pour tous et les "lubies" d'une Ministre des Droits des Femmes zélée, et d'une Ministre de la Justice au taquet, les réacs rétrogrades ont senti le bon filon et se sont jetés sur le nom de domaine "théorie du genre" pour créer de toutes pièces un site internet qui baigne dans la fantasmagorie hallucinatoire.

D'emblée, on comprend que les braves gens de l'UNI (bah oui, logique) qui ont créé ce site, partent sur de mauvaises bases puisqu'ils amalgament "genre" et "sexe" (biologique).
On arrive donc à des expressions malheureuses telles que "confusion des genres", "égalité des genres", bref, des trucs à dormir debout pour quiconque aurait bossé quelque peu la question.

Je rappelle vite fait que pour les Sciences Humaines (socio, histoire, psycho, anthropo...etc.), le genre (le gender) désigne la construction sociale des sexes. Et que contrairement à ce que raconte l'UNI, ça n'est pas apparu dans les années 2000 comme ça sous le sabot d'un cheval, mais dans les années 1970-1980 après que des universitaires se soient penchés sur l'histoire des femmes et leur place dans la société contemporaine. En étudiant les femmes et leur histoire, on en est arrivé à s'interroger sur les relations hommes-femmes, sur la construction sociale et uns et des unes.

Et aux USA, on avait trouvé un terme pour ces études: les gender studies.

La construction sociale des sexes. Voilà l'expression officielle.
Autrement dit: comment on se construit en fonction (ou pas) de ce qu'on a entre les jambes.
Autrement dit: comment la société, la culture, la religion et l'héritage historique influencent la construction sociale des sexes en fonction du sexe biologique.
          1- Parce que tu es une fille, tu porteras des jupes, tu seras posée, délicate, tu sauras faire preuve d'abnégation, de douceur, de compassion. Si tu pleures, ce sera une preuve de sensibilité, mais si tu pleures pour un oui pour un non, c'est que tu es hystérique ou que tu as tes règles. Tu ne zieuteras pas de trop près le paquet des messieurs ou leur derrière sous peine de passer pour une allumeuse, voire une nympho. Tu voudras être maman, parce que c'est le plus beau métier du monde. Et jusque très récemment, on t'appellera "Mademoiselle" ou "Madmoizelle" pour rappeler au monde entier que tu n'es pas maquée ou que tu es une vieille fille.
        2- Parce que tu es un garçon, tu porteras des pantalons, tu seras bruyant, agité, violent car c'est une preuve de virilité. Tu seras pataud et un peu balourd dès qu'il sera question de sentimentalité ou de "trucs de gonzesse". Tu ne pleureras pas parce qu'un homme ça ne pleure pas et que "tu seras un homme mon fils". Tu regarderas fixement les nichons des meufs parce que les nichons, c'est bien connu, c'est un organe sexuel. Parce que tous les mecs regardent les nichons des meufs. Donc c'est normal. Et on t'appellera "Monsieur" toute ta vie parce que "Damoiseau" n'est plus usité depuis des lustres et que "Mademoiseau" n'a jamais existé.
Telle est ta destinée. Celle de ton sexe: ton pénis ou ton vagin. 

Et si tu sors des sentiers battus, tu es donc hors-norme, subversif, contre-nature, pédé, tante, garçon manqué, lesbienne, femmelette, de la jaquette, mal baisée, et tu iras brûler en enfer avec tous tes congénères malades du cul.

Si tu es une femme, tu es condamnée à être camionneuse et si tu es un homme, tu feras un très bon coiffeur.

Ouais je sais, je fais dans le cliché. Je suis bien obligée de me mettre au niveau de l'UNI et de son pseudo "observatoire de la théorie du genre". Et à la rubrique "qui sommes-nous?", voilà ce qu'on peut lire: 
"Le fondement de cette théorie consiste à nier la réalité biologique pour imposer l’idée que le genre « masculin » ou « féminin » dépend de la culture, voire d’un rapport de force et non d’une quelconque réalité biologique ou anatomique".
C'est un ramassis de conneries. En 3 lignes, tout y est.

Jamais les gender studies n'ont prétendu gommer la réalité biologique (autrement dit, ce que tu as entre les jambes) pour imposer une autre construction sociale des sexes. Jamais. Je mets au défi les crétins de l'UNI de me citer un seul auteur, scientifique ou chercheur qui aurait quelque peu bosser la question et qui affirmerait un truc aussi con. Non.

Ce que les gender studies peuvent apporter à la société, c'est la démonstration qu'une autre construction sociale des sexes est possible. Non pas obligatoire, mais possible. Ce n'est pas parce qu'un homme ou une femme se construira autrement que ce à quoi il était prédestiné biologiquement, que ça fera de lui ou d'elle une erreur de la nature.

Histoire de nous faire croire qu'ils se sont bien documentés, les tauliers de cet observatoire nauséabond affirment aussi ceci:
"En effet, derrière chaque proposition (crèches neutres, lutte contre les stéréotypes de genres, développement de l’éducation sexuelle dès la maternelle, banalisation des changements de sexes,…) se cache une idéologie construite qui vise à remettre en cause les fondements de nos sociétés "hétéro centrées", de substituer au concept marxiste de la lutte des classes, celui de la lutte des sexes. Les sciences sont elles aussi contestées. La biologie, par exemple, est souvent présentée comme une science visant à imposer un "ordre hétérosexuel" qu’il faut donc "challenger" grâce à la théorie du genre."
Festival de contre-vérités. "Théorie du genre"? Je ne crois pas. Théorie du complot: sans aucun doute.  

Qu'ils se rassurent les gens de l'UNI, les fondements de nos sociétés (on appréciera au passage le pluriel qui sous-entend que c'est partout comme ça all over the world) ne sont pas remis en cause. La plupart sont issus d'un héritage qui est là, parfois contestable, mais absolument pas effaçable. Jamais il n'a été question de remplacer la luttes des classes par la lutte des sexes. C'est complètement con car les deux luttes sont complémentaires et non pas substituables l'une par l'autre. Et ça, toute personne qui vit un peu dans son temps le sait. Jamais la biologie ne sera contestée. Tout le monde sait que tout le monde naît d'un homme et d'une femme (biologiques), même si une éprouvette, une seringue, quelques cachetons ou un certain anonymat vient s’immiscer là-dedans.

De même que personne ne peut nier que "nos sociétés" sont hétéro-normées et qu'en l'étant, elles laissent sur le bord de la route des millions de gens qui ne parviennent pas à trouver leur place. Et c'est parce qu'on ne peut plus nier que des millions de gens ne trouvent pas leur place dans ces sociétés qu'il devient urgent de prendre en compte la construction sociale des sexes pour faire évoluer nos lois et notre éducation.

On peut avoir un vagin entre les jambes, ne jamais porter de jupes, ne pas se maquiller, exercer un métier encore considéré aujourd'hui comme "masculin" sans pour autant être considérée comme une mal baisée ou une lesbienne.

On peut avoir un pénis, porter des jupes parce que c'est plus confortable, se mettre une crème de jour le matin et de l'autobronzant l'hiver, vouloir être assistant maternel ou coiffeur sans pour autant être considéré comme une tantouze ou une femmelette.

De même qu'on se doit de reconnaître que certains hommes et certaines femmes, en dépit de ce qu'ils ont entre les jambes, ne se sentent ni l'un ni l'autre, mais intersexe, et qu'ils ont le droit (mon Dieu quelle horreur!) de vivre avec nous, à nos côtés, dans "nos sociétés", sans pour autant être obligés de passer sur le billard pour tenter de rentrer dans la norme sociale bi-sexuée et pouvoir cocher la bonne case parmi les deux seules qui leur sont proposées dans les formulaires administratifs de "nos sociétés".

56 commentaires:

  1. Un sujet que tu maîtrise, rien à dire de plus, bravo.

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    1. On ne dit pas : un sujet que tu maîtrises, mais : un sujet que tu doctores.

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    2. Ah oui tiens c'est vrai ça.

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  2. Voilà bien expliqué et très clair. Merci Elooooody.
    Des qu'on parle de sexualité, les plus bruyants sont souvent les plus ignorants. Je pourrais leur parler de cette charmante amie, mère de trois enfants, ancien chef d'atelier dans un garage poids-lourds (spécialité boîtes de vitesses et ponts ar) ou encore de mes clients, en couple de garçons, dans le courant des années 80, l'un était patron d'une boîte de vigiles et l'autre chauffer-livreur.

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    1. Et les exemples ne manquent pas.
      Quant aux ignorants, c'est un peu comme les frites Mc Cain.
      Ce dont ceux qui en parlent le plus qui... Blablabla

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  3. Alors là bravo ! Bravo aussi pour avoir eu le courage d'aller fouiller dans leurs poubelles!

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  4. excellent billet, aussi décapant qu'humoristique. Bravo.

    Quand on voit un site comme "théorie du genre", on dirait que plein de petits zemmours s'infiltrent partout pour transformer la Terre en planète Zemmour....quel bonheur :(((

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  5. Sinon, vous avez entièrement raison. Moi, par exemple, j'ai été sage-femme dans une vie antérieure et j'en conserve d'excellents souvenirs.

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  6. Beau billet !
    Quand je vois ce que nous prépare, à ce propos, la manif pour tous dans les écoles, je vais peut être surveiller de près les élections de parents d'élèves, et imprimer ton billet comme anti-sèche, au cas où ;)

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  7. Très bon billet, à mettre devant tous les yeux.

    Sur la même question, et pour prolonger la réflexion, je me permets de reporter les propos que j'avais lu un autre bon billet d'une prof de sociologie dans un lycée. Cette prof racaontait, en exergue de son cours, poser les questions suivantes :
    "Mesdemoiselles, à quel moment de votre vie avez vous eu envie de tuer pour prouver que vous étiez une femme ?"
    "Messieurs, quelles précautions prenez-vous le soir avant de sortir pour éviter de vous faire violer ?"

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  8. Un billet qui fait du bien
    J'ai relu des passages du "Deuxième sexe" de S de Beauvoir récemment. J'ai été surprise de voir que depuis presque 60 ans, les angles de réflexion restent les mêmes.
    Certaines convictions ont la dent dure.

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    1. Oui. Finalement c'est bien Simone de Beauvoir qui a inventé les gender studies. Même les scientifiques américains ont fait d'elle leur référence!

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    2. Ah oui, finalement ! Cette Simone qui n'a jamais admis qu'elle était au moins à moitié gouine (lire Michel Onfray à ce sujet), qui s'est toujours cachée de ce qu'elle était. Cette Simone qui s'est toujours pliée devant Sartre.

      Et même les "scientifiques" américains ont fait d'elle leur référence ? Ouaow ! Vous avez bien fait de perdre six ou sept ans de votre vie à ces conneries de "gender machin" qui ne vous mèneront nulle part. C'est assez triste, au fond.

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    3. Je n'ai absolument pas l'impression d'avoir perdu mon temps.
      Quant à cette brave Simone, je parlais bien entendu du Deuxième Sexe et de son chapitre sur la construction sociale des femmes.

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  9. Pourtant il y a des jeunes dans ce pays qui au risque d'une répression sans nom, alertent, informent, expliquent. Cet article est biaisé car idéologisé, tronqué par un enseignement de basse qualité et ça vous n'y êtes pour rien, vous le subissez. Bref tout est faux et c'est facile de creuser le sujet et de trouver les vraie études, enquêtes qui infirmeront les dires qu'on vous à inculquer. De nos jours, l'immense majorité des peuples sur terre voient clair mais vous jeunes antifa and co, vous cumulez dangereusement les tares des idéologues totalitaires, pères du fascisme, nazisme, communisme. L'histoire avance, rejoignez le camp de la vérité contre la république du mensonge. Bonne chance

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  10. En fait il s'agit de la vieille opposition entre "essentialisme" et "nominalisme" , entre "essentialisme" et "constructivisme" , entre "essentialisme" et "existentialisme" .......
    Bon , on a collé sur ce vieux débat le mot "genre" pour faire sexy et actuel , mais en fait c'est un débat aussi ancien qu'Aristote finalement .......

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    1. Le débat est certes ancien, mais les arguments des "anti" aussi...

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    2. Le débat change de forme , mais le fond reste inchangé : L'éternelle question des origines ..... TOBI ! Mon PÔV' TOBI ! Que le monde est compliqué !!! ..... (Oui , "Tobi" c'est le nom de mon chien philosophe qui se pose des questions sur l'origine des os) .......

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  11. Le créationnisme est aussi une théorie essentialiste qui s'oppose aux théories de l'évolution ... Les espèces auraient une réalité immanente . Elles existeraient en elles même depuis toujours .... Ce sont les catégories d'Aristote ..... Le féminin et le masculin seraient des catégories ayant une réalité immanente depuis toujours ... On retrouve aussi la très ancienne opposition entre nature et culture ...... Rien de nouveau là dedans .

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    1. Ah mais non rien de nouveau c'est clair.

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  12. C'est aussi le paternalisme : Dieu le père (ou dieu la paire ? je ne sais pas) , Zeus contre Prométhée ... La nature éternelle contre le progrès .... En ces temps troublés les humains s'interrogent , ils doutent , l'humanité est mauvaise , elle a désobéi à Papa-Dieu et à notre très Sainte Mère l'Eglise et l'heure du châtiment approche ! comme le dit si bien l'anonyme paranoïaque plus haut ..... Les méchantes idéologies détruisent le monde et il est grand temps de revenir aux vraies valeurs et de rejoindre le camps de la VERITE qui sauve de tout et aussi du reste !!!! .... Et voila-t-y pas qu'une bande d'exité-es totalito-trotsko-judéo-masonique-ta-mére viennent pour changer la civilisation en s'attaquant aux catégories z'éternelles de toujours voulues par Papa-Dieu et notre Bien aimée Maman l'église ..... Donc voila Kouâ !!!!! Je crois avoir fait le tour de la question .....

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    1. Je dirais même plus "la boucle est bouclée"

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    2. Oui ! mais parfois déboucler la boucle ça peut servir aussi , par exemple à faire kaka sur la cheutron des paranoïaques intégristes , et à changer de pantalon et de civilisation aussi , parceque porter toujours la même civilisation ...... Et bien ce n'est pas hygiénique je trouve , et il faut en changer aussi , parcequ'on change bien de culotte (bon , moi je change pas de culotte parceque je n'en porte pas mais bon) ou de chaussettes ou de pantalon , donc on peut aussi changer de civilisation ..... YOUPI !!!!!! Voilà ...... Donc la boucle bouclée se déboucle et voilà ! tralala ....

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    3. Mouarf!
      Et sinon? Vous consommez un truc ou quelque chose pour être comme ça? ;-)

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  13. Bon , deux hypothèses : 1°Soit on considére que mon état est naturellement celui là , donc c'est un point de vue essentialiste ...
    2°Soit on considére que mon état est une construction sociale , historique , culturelle et que mon cas est unique , et alors on adopte un point de vue existentialiste ...... Je peux aussi être le fruit d'une mutation produite par l'influence de divers toxiques , poluants chimiques , modificateurs andocriniens ou alors l'action d'un météorite de kriptonite ..... Ou alors je suis folle ? ..... Oui voila ! C'est l'explication la plus simple donc la plus vraisemblable , même si elle n'explique rien en fait ..... Mais , d'un point de vue nominaliste : seul existe ce que l'on peut nommer , donc je n'existe peut-être pas ? ..... Tobi ! Mon pov' Tobi ! .... La vie est bien compliquée ......

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    1. Ça fait 3 hypothèses ça!

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    2. Oui , c'est comme les trois mousquetaires qui étaient quatre et dieu qui est trois a lui tout seul .....

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    3. Mais au fond du fond ce que je pense par rapport à ton texte et toutes les théories du genre ou des genres ou .... tout ça ...... C'est que le désir est insoluble dans la sexualité .

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    4. Insoluble ! Oui ! complétement insoluble .....

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  14. Excuse-moi mais je ne comprends pas ton argumentaire. Les anti-etudes sur le genre estiment que les genres viennent d'une nature biologique immuable et que tous les autres sont donc anormaux et doivent etre brules vifs.
    En quoi leur repondre que les etudes du genre etudient la construction sociale des genres contre une pretendue bioligie immuable et qu'il ne faut plus considere comme anormaux les "autres" fait avancer le debat? Cela va plutot dans leur sens, les etudes du genre vont bien a l'encontre de leur vision de l'humanite, et comme ils ne sont pas d'accord, ils se positionnent contre.
    C'est un peu comme repondre a un creationiste qu'il y a plusieurs ecoles d'evolutionnistes qui etudient plusieurs hypotheses d'evolution, le creationniste s'en fout puisque il n'est pas d'accord avec l'hypothese de depart, quelque soit la conclusion.

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    1. On ne parle pas de "construction sociale des genres". Ça ne veut rien dire puisque ça reviendrait à "construction sociale de la construction sociale des sexes".
      Ce que je dis ici c'est que l'UNI raconte n'importe quoi en affirmant s'être basé sur des ouvrages de gender studies auxquels ils n'ont visiblement rien compris!

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    2. De toutes façons cela ne répond en rien à la très ancienne dispute entre philosophe essentialistes et philosophes nominalistes ....... Je prend un exemple hors du sujet des sexes : Pour un essentialiste il existe des lois de la nature qui régissent les phénomènes , des lois transcendantales ... Pour un nominaliste il n'existe aucune loi transcendantale aux phénomènes qui les régisse .... Chaque phénomène est unique et c'est l'esprit humain qui va créer des catégories abstraites et en déduire des lois qui n'ont aucune réalité en elles même ..... Pour un nominaliste ce sont les phénomènes que les humains vont classés en ensembles dont ils vont déduire des lois générales et abstraites.... Pour un essentialiste ce sont les lois qui produisent les phénomènes ...... Pour les sexes c'est le même raisonnement .....

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  15. Je reprends mon pseudo suite à une erreur de manip'.
    D'une façon générale, surement que certains n'ont rien compris mais je pense qu'il y en a qui ont fort bien compris.
    Pour eux, le genre et le sexe se confond basé sur le biologique. La société en vertu de la biologie doit être hétéro-normée avec deux genres bien distincts, tous ceux qui s'en écartent sont donc des erreurs de la nature qui ne doivent pas être acceptées.
    Les études du genre partant du principe que le sexe est social, que donc c'est un choix de société remettent en cause leur interprétation de la société qui serait basée sur le biologique.
    Certains vont hurler à l'uniformisation alors qu'effectivement c'est tout le contraire puisque les études du genre peuvent servir d'arguments pour accepter d'autres formes de sociétés, ou la multiplication des genres, ou des choix de vie.
    Donc les anti-études du genre peuvent "logiquement" se positionner contre les études du genre puisqu'elles peuvent effectivement pousser à une évolution de la société où les rôles hétéro-normés féminins ou masculins tels que nous les concevons aujourd'hui ne seraient pas obligatoires, où on aurait le choix, ce qui bien entendu amenerait à l'apocalyspe, les feux de l'enfer et tout tout pour eux.

    Quand ils disent :
    "Le fondement de cette théorie consiste à nier la réalité biologique pour imposer l’idée que le genre « masculin » ou « féminin » dépend de la culture, voire d’un rapport de force et non d’une quelconque réalité biologique ou anatomique".
    Je ne comprends pas tes arguments après. Pour moi, c'est vrai, les études du genre veulent bien imposer l'idée que le fait de porter une jupe ne dépend pas de la biologie mais de la culture. Le terme "imposer" nous parait délirant quand on est déjà pour, mais pour ceux qui sont convaincus que c'est inscrit dans les gènes des femmes, cela revient bien à leur imposer une autre vision de la société que la leur.
    Pour le deuxième paragraphe que tu cites, je comprends leur logique, les études du genre remettent bien en cause le fait qu'il n'y aurait qu'un choix de société hétéro-normée. Là où on entrevoit de possibles évolutions pour accepter les choix de vie, eux n'acceptent qu'une seule société hétéro-normée et c'est bien leur imposer une autre société que de ne pas vouloir brûler les homosexuels.

    "Les sciences sont elles aussi contestées. La biologie, par exemple, est souvent présentée comme une science visant à imposer un "ordre hétérosexuel" qu’il faut donc "challenger" grâce à la théorie du genre.""
    Je ne peux qu'être d'accord aussi. Les études du genre remettent bien en cause les pseudo études scientifiques genre les hommes viennent de mars et les femmes de vénus. Elles ont prouvé qu'il y avait des biais scientifiques, où les études ont été faites dans l'optique de valider des conclusions déjà énoncées. (genre les femmes n'ont pas le sens de l'orientation). Il y a encore un énorme travail de remise en cause d'études qui s'appuient sur la science alors qu'elles sont totalement biaisées. (C'est d'ailleurs plus un travail de pédagogie car cela fait 15 ans qu'elles ont été totalement remises en cause mais curieusement on ne parle que de ces études pourries encore aujourd'hui.)

    Je m'excuse d'avoir été longue mais vraiment, j'essaye de bien comprendre.

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    1. Pas de problème pour la longueur.
      Là où nous ne sommes d'accord, c'est sur la vision manichéenne de la chose. Les "pro gender" (pardon pour cette expression bien moche) ne NIENT pas la réalité biologique. C'est ça la plus grossière erreur de l'UNI.
      Les "pro-gender" essaient de démontrer que tout en acceptant la biologie, on peut adopter d'autres codes sociaux, et par conséquent, sexués.
      Le problème des "anti", c'est qu'ils font des "pro" des tarés qui veulent dénaturer les hommes et les femmes. C'est archi faux. Car pour tous-tes celles et ceux qui vivent très bien comme ils sont, avec la biologie qui va avec, personne n'exige qu'ils changent leurs mœurs!
      seulement qu'ils acceptent de vivre en société avec celles et ceux qui ne vivent pas en "conformité" avec ce qu'ils ont entre les jambes.

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    2. Ce que disent les "pro gender" c'est tout simplement ceci : "A chacun sa nature".... C'est donc une concéption nominaliste . C'est pourquoi ils s'opposent aux tenants de la théorie essentialiste qui croient en un éternel féminin et un éternel masculin voulus selon eux par des lois biologiques transcendantales ou par des lois divines ....
      En fait c'est simple .

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    3. Dans le titre de ton billet tu parles de "théorie du complot" qui est un pur produit de la pensée paranoïaque : Derriére chaque événement quel qu'il soit les adéptes du conspirationnisme voit une volonté occulte et maléfique en action . Par exemple : si un pigeon fait un guano sur la tête d'un conspirationniste en fait c'est un extra-terrestre judéo-masonique qui essaie de le contaminer avec un virus mortel .....
      Les conspirationnistes sont des essentialistes puisqu'ils croient que le monde existe par la volonté d'un Dieu tout-puissant et bienveillant . Mais ils croient aussi en l'existence d'une entité maléfique , diabolique qui veut détruire le monde créé par Dieu ....
      Derriére chaque événement jugé mauvais par eux ils vont donc percevoir la volonté du Malin et t'enjoindre de rejoindre le camps de la VERITE .....
      Voila ! encore une fois de plus c'est trés simple !

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