lundi 26 mai 2014

Et paf! Prends ça dans la tronche.

La branlée. La raclée. Un double aller-retour en plein dans la tronche. Un cataclysme. Un séisme.
Bref, la France est en brun sur la carte de l'Europe.


Tout le monde est tombé de sa chaise hier. Tout le monde sauf nous. Nous, les Français qui nous sommes déplacés pour voter. Tout le monde savait que le FN ratiboiserait la France. Seuls les politiques, les professionnels de la profession ont halluciné et se sont décroché la mâchoire hier.

Ces élections, c'étaient du grand n'importe quoi depuis le début. Les seuls qui étaient audibles sont partis en campagne il y a 3 mois, 4 mois pour les plus vindicatifs. Nicolas Dupont-Aignan lui-même, est parti en campagne pour les Européennes en sacrifiant les municipales. Il l'a clairement affirmé. Bon OK, son score est ridicule comme prévu mais si on l'additionne à celui du FN, on arrive à 30%. Tranquille.

Le parti socialiste est parti en campagne il y a 3 ou 4 semaines grand max. Les affiches de campagne nous sont parvenues il y a 15 jours. Les tracts de campagne il y a 10 jours. 

Le CSA s'est réveillé à 10 jours du scrutin pour taper sur les doigts en mode "ouh là là c'est pas bien, on n'entend pas tout le monde".

Les médias se sont gavés et nous ont gavés dans la foulée avec du Le Pen, du Zemmour, du Dupont-Aignan, du Farage, du Boutin. 

Et les autres? Ils étaient où les autres?

31 listes en Île-de-France, même pas assez de place sur les tables des bureaux de vote. Des micro partis qui n'avaient même pas assez de pognon pour imprimer leurs bulletins de vote ou leurs affiches. Et qui, de toutes façons, n'auraient jamais siégé assidument à Strasbourg s'ils avaient fait 5%.

Hier à Yerres, j'étais assesseur dans un bureau de vote. Sur les panneaux électoraux à l'entrée du bureau, il n'y avait plus que 4 affiches encore en place. Du jamais vu.

Vers 20h30, le téléphone du président du bureau a sonné. Il jubilait. Alors que nous étions en plein dépouillement, il se penche vers nous et nous dit:
"NDA est content"
Immédiatement, il se fait souffler dans les bronches par le délégué titulaire du bureau qui lui rappelle qu'on est en plein dépouillement et que ce n'est pas le moment.
Et moi je me retourne vers lui:
"Oui et bien moi, ça me désespère, chacun son truc".
Oui parce que comme tu peux l'imaginer, ici à Yerres, Dominique Jamet, candidat de Debout-la-France-la-République-Nicolas-Dupont-Aignan, a fait 36,12%. N'importe quoi. Les Yerrois, les gens en général confondent élections locales, nationales et européennes. On nage en plein délire.

Donc, ne cherchez plus où sont les 3,7% de votants qui ont voté pour Debout la France, ils sont à Yerres.

Aujourd'hui, Marine Le Pen jubile. Et elle a raison. Mais là, où elle déconne à plein tube, c'est quand elle affirme que le Front National est le 1er parti de France. Non. Il est le premier parti en France aux élections européennes. Je ne peux pas croire que 25% des Français qui ont voté FN soient tous des frontistes bas du front. Là où elle craque totalement, c'est quand elle réclame une dissolution de l'Assemblée Nationale. C'est n'importe quoi.

Cette (là, j'ai envie de l'insulter... Je cherche mes mots) brave dame confond tout: local, national, européen.

Bref, les Français qui ont pris la peine de se déplacer hier ont placé le FN en tête. Nous aurons des eurodéputés frontistes qui ont un passif européen de fumiste et d'absentéiste et qui applaudissent des deux mains quand le vieux Le Pen implore monseigneur Ebola de régler le problème de l'immigration.

Oui j'ai la gueule de bois. Et je plains les électeurs "pas contents" qui n'ont pas d'autre choix que de voter FN quand on a 31 listes en Île-de-France.

Vous pouvez aussi aller lire les copains. Mais ne cherchez pas à commenter ce billet. J'ai fermé les commentaires. Je n'ai pas envie de débattre aujourd'hui. Je débats depuis hier et j'ai ma dose.
Je vous souhaite une bonne journée dans cette France frontiste europhobe .