jeudi 14 janvier 2016

Cologne, silence et honte

15 jours après la Saint-Sylvestre, j'ai tenté d'y voir plus clair dans ce qui fut une nuit sordide à Cologne, en Allemagne. Je suis donc allée à la pêche aux infos et j'avoue que j'ai eu quelque difficulté à obtenir un récit clair et impartial des agressions sexuelles par centaines dont été victimes des femmes.

Une espèce de chape de plomb recouvre le détail des évènements de cette nuit-là. Et c'est encore Yael Mellul qui en parle le mieux.

Il semblerait qu'au prétexte que ces quelques 500 agressions aient été le fait d'hommes d'origine étrangère, majoritairement clandestins et demandeurs d'asile, une gène se soit emparée des commentateurs pour dénoncer ces viols, attouchements, pelotages et autres vols, bousculades et gifles.

Il semblerait qu'au prétexte que les suspects soient majoritairement issus de populations fragiles, meurtries par la guerre, ayant fui leur pays dans l'espoir d'un monde meilleur en Europe, "on" s'interdise de les incriminer.

Parce que ce seraient des "migrants", des "réfugiés", que l'Allemagne s'est engagée à accueillir, un malaise pèse sur la fermeté avec laquelle condamner ces exactions innommables.

J'ai désespérément chercher sur le web des prises de position, des déclarations de nos politiques... Un peu en vain, je dois bien l'avouer.

Sauf une, celle de Marine Le Pen, cette grande féministe devant l'éternel, qui n'a pas tardé à s’engouffrer dans la brèche pour dénoncer un syllogisme simpliste : les agresseurs sont des migrants, l'Allemagne a accueilli 1,1 million de migrants en 2015, donc tous les migrants sont des violeurs en puissance. Et la boucle est bouclée. 
J'ai également cherché des déclarations d’offuscation de la même Marine Le Pen lorsqu'il s'agit de dénoncer les violences et les saccages de certains groupuscules d'extrême-droite, en vain.

J'ai aussi cherché parmi nos responsables politiques, outrés par le projet de déchéance de nationalité par exemple, une déclaration ou une tribune pour condamner ces exactions à Cologne, en vain.

Ils sont pourtant les premiers à tweeter pour manifester leur solidarité aux victimes des attentats à Istambul ou Bamako, ou aux proches des victimes de catastrophes naturelles... Je m'interroge.

Rien. Le vide. Le néant.

Bien évidemment, je pourrais saluer les déclarations de la Maire de Cologne qui a réagit relativement vite. Mais non. Il m'est tout simplement impossible de saluer une femme qui n'a pour seule solution que d'inviter les femmes à se comporter autrement, à revoir leurs codes et leurs attitudes et à évoluer dans la ville à une distance de sécurité d'un bras des hommes. Ne riez pas.

Du coup, sans scrupule aucun, je partage éhontément le billet de Fred Camino qui reprend dans son intégralité la déclaration de Céline Pina que j'aurais aimé avoir écrite.

Et je désespère de voir le débat sclérosé par des interdits qui nous empêtrent dans des considérations partisanes et des procès d'intention raciste au prétexte que, parce qu'on est de gauche, on n'a pas le droit de condamner des agresseurs d'origine étrangère.

Et du coup (bis repetita), je copie colle sans scrupule ce passage de la tribune de Yael Mellul qui résume parfaitement cette sclérose :
"Enfin, à propos de ces interminables procès d’intentions qui nous ont été faits ces derniers jours nous répondons que ce qui s’est passé à Cologne et ailleurs, c’est que, encore et toujours, les victimes se voient dire qu’elles ne sont pas les victimes et que leurs agresseurs ne sont pas les coupables, on nous dit encore et toujours que si on écoute et on laisse parler les femmes, on va faire le « jeu » d’un nouvel agenda : quand nous dénonçons Cantat, nous ferions le jeu de la droite, quand nous dénonçons Tron, nous ferions le jeu de la gauche, quand nous dénonçons DSK, nous ferions le jeu des antisémites, quand nous dénonçons les violences d’hommes racisés, nous ferions le jeu de l’extrême-droite…"

11 commentaires:

  1. Tout ceci manque à l'évidence de clarté!Les faits exacts ne sont pas véritablement exposés8 Quelqu'en soient les auteurs il n'y a pas de bonne raison de cacher la vérité. Le mépris des femmes dans certains peuples peuvent expliquer les excès constatés sans pour autant les excuser. Il y a en ce domaine, le respect des autres (femmes ou hommes)encore du chemin à faire y compris dans nos pays dits civilisés où les agressions sont permanentes dans les transports en commun notamment comme en témoigne une récente enquête.

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    1. C'est clair. Il y a encore du boulot. Néanmoins, qui que soient les coupables, il n'est pas normal qu'aucune déclaration ni condamnation unanime n'ait été formulée.

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  2. Bravo pour cette condamnation ferme et sans concession !
    Peu importe en effet le statut, la religion ou l'ethnie de celui qui violente et humilie : il doit être combattu et condamné !

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  3. Est-ce que ça s'est vraiment passé comme on voudrait le présenter, à Cologne ? Même si c'est le cas, les femmes sont toujours en danger de viol quand elles se trouvent dans une foule festive. ( d'après Crêpe Georgette)
    Il y a combien de jours, de semaines, que tu n'as pas écrit quoi que ce soit, sur les violences faites aux femmes ? Et là, parce que ce sont des hommes du parti des faibles, des minorités discriminées (les musulmans), tu joins ta voix à celle de l'extrême-droite pour "stigmatiser le garçon arabe" (d'après Christine Delphy).
    S'il y a eu des dérapages, les coupables doivent être retrouvés et sanctionnés. Mais qui entend-on quand 2500 neo-nazis ont ravagé les rues de la même ville il y a 18 mois ? Non, bien sûr.
    Il est impossible de nier ce qui s’est passé à Cologne. Il est nécessaire de ne pas l’exagérer." (d'après Sarkofrance)

    Bon, j'arrête de faire l'islamogauchiste. Il y a le billet de Valérie Tevanian qui est bien aussi.

    Toutes proportions gardées, ça me rappelle ce qui s'est passé à la naissance de "ni putes ni soumises", quand Fadela Amara et ses compagnons militants voulaient faire quelque chose contre les tournantes et les jets d'acide ou carbonisation des filles pas sérieuses. Toute une partie de la gauche est vigoureusement montée au créneau, au motif que seule la violence des jeunes de banlieues était ciblée, et que la majorité des coupables étaient noirs et arabes.

    On peut faire quelque chose de concret, tout de suite (parce que c'est bien beau de dire qu'il faut éduquer et réformer les mentalités, mais ça ne va pas se faire du jour au lendemain).
    - virer impitoyablement les demandeurs d'asiles et les étrangers qui se rendent coupables de tels actes (donc, changer la loi à ce niveau, faire comme ce que préconise Merkel )
    - virer impitoyablement tous les prédicateurs salafistes qui viennent inciter à la haine des femmes, des juifs, des pédés. (ou leur rendre la vie très dure si on ne peut pas les virer).
    - Rigoler des féministes qui poussent des petits cris d'admiration devant les Gresh, Ramadan, et autres gugusses qui rêvent de charia.

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    1. Nous sommes d'accord. Je me suis égarée sur le compte Twitter de Clémentine Autain... C'est à pleurer.

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  4. Billet qui aurait été parfait (et plutôt courageux de votre part, il me semble) si vous vous ne vous étiez sentie tenue au rituel petit coup de griffe à Marine Le Pen qui, au fond, ne dit rien d'autre ni de plus que vous, et qui, au contraire, a fait tout de suite ce que vous attendez des autres : un peu de logique n'aurait pas nui…

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    1. Ah si ! Elle dit que tous les migrants sont des délinquants (sexuels entre autre) en puissance. Et bien évidemment, je ne suis pas d'accord.

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  5. L'élève Jauneau semble montrer des signes de progrès. Néanmoins, elle l'a joué petite bite. Le brave Juan, lui, a réussi le combo parfait en nous plaçant une histoire de nazis et Le Pen dans la même phrase.
    Des efforts à poursuivre, courage !

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    1. Merci, vos encouragements me... non rien en fait.

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  6. Euh... à quoi ca sert de demander aux politocards de dénoncer des actes qui sont depuis belle lurette sous le coup d'une lourde sanction pénale ?

    C'est franchement ridicule. Ras le bol de ces politicards nullards qui passent leur temps à bavasser pour la plupart du temps dire des conneries.

    Qu'ils la ferment, ca nous fera des vacances.

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