lundi 25 juillet 2016

Nice. J+11: pitoyables agitations de caniveau

10 jours après l'attentat de Nice, la polémique va bon train.

De Christian Estrosi, maire 1er adjoint au Maire de Nice, ville la plus vidéo-surveillée de France, qui se vantait en janvier 2015 :
"Avec 999 caméras, et une caméra pour 343 habitants [alors qu'] à Paris, il y en a 1 pour 1532, je suis à peu près convaincu que si Paris avait été équipée du même réseau que le nôtre, les frères Kouachi n'auraient passé 3 carrefours sans être neutralisés et interpellés".
... à Sandra Bertin, responsable de cette même vidéo-surveillance dans cette même ville, qui affirme avoir subi des pressions du Ministère de l'Intérieur :
"J’ai été harcelée pendant une heure, on m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vues à l’écran".
On assiste à une surenchère pitoyable relevant davantage d'agitations de caniveau que d'un souci avéré de faire la lumière sur les failles et défaillances du 14 juillet.

Entre temps, on a appris pêle-mêle que Christian Estrosi n'avait participé à aucune réunion de préparation du 14 juillet dans sa ville, on a lancé un avis de recherche pour retrouver le maire de Nice, on a appris que le terroriste avait fait une bonne dizaine de repérages avec son 19 tonnes les jours précédents son attentat, et on a découvert une policière municipale, pas si neutre que ça qui semble avoir égaré en chemin cette sombre notion de "devoir de réserve".

Même François Molins, d'habitude si placide, a été obligé de rappeler à tout le monde que "c'est sous sa seule autorité et dans le cadre de l'enquête judiciaire que des policiers enquêteurs ont été dépêchés au CSU (Centre de Supervision Urbain) de Nice le 15 juillet".

Note à nos petits camarades de droite: depuis 2012, la justice est bien plus indépendante que sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Pas d'bol.

Du coup - acte 2 - puisque Sandra Berttin semble se mélanger quelque peu les pinceaux entre ses différents interlocuteurs et qu'il est clairement avéré que ce n'est pas à un membre du Cabinet du Ministre de l'Intérieur qu'elle a eu affaire, Bernard Cazeneuve porte plainte pour diffamation. C'est normal et c'est un minimum.

Ces accusations en vrac pilotées à distance par Christian Estrosi et dénuées de tout sens critique, et les polémiques qui vont avec, sont à vomir.

Acte 3, le Syndicat de Défense des Policiers Municipaux sort de sa réserve rappelle la responsabilité de la mairie en matière de sécurité:
"Bien évidemment, nous assistons aujourd'hui à une guerre de communication entre la Ville de Nice et le Ministère de l'Intérieur. Compte tenu de l'insécurité ambiante, du terrorisme, et de l'impopularité du Gouvernement, il est très facile de se placer derrière la communication de la Ville de Nice, pour accabler le Gouvernement, et faire oublier que le maire est aussi responsable de la sécurité sur sa commune". (source)
Même combat pour l'intersyndicale de la police municipale de Nice qui se désolidarise en bloc de l'initiative de Sandra Bertin qui, plutôt que de saisir la justice, a préféré se répandre dans le JDD:
"Les autres représentants de l’intersyndicale de la police municipale niçoise qui s’est formée au lendemain de l’attentat ont refusé de cautionner cette démarche qu’ils qualifient de "personnelle". Même s’ils se refusent de "dénigrer une fonctionnaire irréprochable". En revanche ils n’hésitent à stigmatiser ceux qui entretiennent des polémiques qu’ils qualifient de "nauséabondes". Quitte à égratigner leur propre hiérarchie, à savoir les élus municipaux niçois, ils l’affirment: "Policiers municipaux et nationaux ont réagi en professionnels" et même s’ils avaient été "deux ou trois fois plus nombreux" ça n’aurait sans doute "rien changé". Car pour eux il n’y a "qu’un seul responsable: le terroriste." (source)
Entre temps, Sandra Bertin a fermé ses comptes Twitter et Facebook sur lesquels on pouvait apprécier en long, en large, en travers et dans le désordre, son admiration pour Christian Estrosi, son aversion pour Najat Vallaud-Belkacem et sa passion pour la théorie du complot en matière de lutte contre le terrorisme.

Non, vraiment, Christian Estrosi et son fan club touchent le fond... Et même au-delà.

6 commentaires:

  1. Je souscrit à cette dénonciation.

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  2. D'autant que Christian Estrosi c'est l'homme qui n'a pas fait mettre de plots en béton....

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  3. Après la "théorie de Pasqua,"la #Bertine d'Estrosi", nouvelle théorie politique ...

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  4. Hollande ne s'étant pas gêné non plus pour faire des propositions grotesques comme la daeshéance de nationalité...

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