mercredi 17 avril 2013

Jean-François Copé: manifestant par procuration

Jean-François Copé
Jean-François Copé hier:
"Je condamne de façon extrêmement claire les dérives et les violences. [...] C'est extrêmement préoccupant mais [...] le président de la République est tellement fermé à toute discussion, à toute souplesse, qu'on ne s'en sort pas".
Jean-François Copé aujourd'hui:
"Il faut maintenir la pression et continuer la mobilisation".
On a donc un Jean-François Copé qui condamne officiellement les débordements et les dérives des manifestations anti mariage pour tous.

Il fait le job. Il serait malvenu que le chef de l'UMP s'affiche en vociférant des horreurs et en appelant à l'émeute.
Ça la foutrait mal c'est sûr.

Sauf que, d'un côté il condamne fermement... Mais de l'autre, il cherche aussi des excuses aux dérives en dénonçant l’herméticité du Gouvernement à toute discussion.
C'est cocasse.
  • L'opposition a déposé plusieurs milliers d'amendements.
  • Les débats ont eu lieu à l'Assemblée presque jour et nuit pendant 10 jours.
  • François Hollande a reçu le collectif de la Manif Pour Tous.
  • Frigide Barjot a squatté les médias pendant des semaines.
  • Les anti et les pros mariage pour tous ont manifesté plusieurs fois.
  • Les anti mariage pour tous sont partout: au Sénat, à l'Assemblée, en bas de chez certains sénateurs et ministres, dans les assos, dans les rues.    

La discussion, elle a eu lieu, elle a même encore lieu aujourd'hui. Ça fait 6 mois qu'elle dure. Ils ont été entendus. Ils radotent. Et nous aussi par la même occasion.
Ils sont lassants.

Tout ce bordel, toutes ces dérives, ce serait donc la faute du Gouvernement. Les fachos qui sortent du bois, la parole homophobe qui se décomplexe, les prières de rues de Civitas, ils l'ont bien cherché au Gouvernement.
Voilà ce que nous dit Jean-François Copé.

Mais dans le même temps, on a un Jean-François Copé qui veut maintenir la pression et la mobilisation.

Là aussi il fait son job.

Sauf que, j'en arrive à me demander si Jean-François Copé n'est pas un manifestant par procuration. Car il est bien content de tout ce bordel. Ça sert bien son camp.

C'est finalement assez pratique que tous ces groupuscules fassent le sale boulot à sa place en allant foutre le brin un peu partout. 

Et j'avoue que j'ai un peu de mal à imaginer un Jean-François Copé atterré, affligé ou préoccupé lorsqu'il est assis dans son canap le soir et qu'il regarde BFM qui diffuse en boucle tous les débordements causés par les anti mariage pour tous.

Je l'imagine plutôt en train de se réjouir et de se dire:
"Vous avez voulu cette loi? OK. Et bien maintenant, vous allez en chier. Vous l'avez bien cherché."
Et toujours assis dans son canap, je l'imagine en train de fantasmer et de manifester à distance aux côtés de celles et ceux qui font son sale boulot dans les rues et qui relaient ses idéaux d'un autre temps.

Ils devrait les remercier tiens, ça aurait plus de sens.

13 commentaires:

  1. J'adore le fantasme du groupuscule, qui circule sur tous les blogs progressistes, en ce moment. Évidemment démenti par tout ce qu'on peut voir de photos, vidéos, etc, sur ces manifestations qui ne cessent de se multiplier. Et vous voudriez que Copé n'en profite pas ? Alors que même Bruno Le Roux dit que l'Élysée ne contrôle plus rien ?

    Du reste, si vous aviez raison, ce serait encore plus drôle : que les cent ou cent cinquante crâne rasés de l'improbable GUD aient réussi à faire qu'aucun ministre n'ose plus se rendre en pince-fesse nulle part, ça en dirait long sur la solidité de ce gouvernement !

    Mais vous savez bien, évidemment, qu'il ne s'agit nullement de cela.

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    1. Quant à critiquer le double langage (d'un côté je condamne fermement / de l'autre je comprends et j'excuse), vous ne manquez pas de toupet : voilà près de trente ans que le camp du Bien nous sert cette dialectique ad mauseam, dès qu'il est question de cités mises à feu et à sang par des sapajous exotiques : on condamen du bout des lèvres les violences et les déprédations ; mais, tout de suite derrière, on ressort le racisme, l'exclusion, le chômage, et gnin gnin gnin. Difficile de venir s'étonner que vos adversaire vous empruntent vos tactiques…

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  2. "Nos" tactiques?
    Ceci dit, il me semble difficile de comparer le mal être de certains (j'ai bien dit certains) émeutiers ou sapajous exotiques comme vous dites, avec les revendications des anti mariage pour tous.
    Je ne vois pas bien le rapport.

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    1. Le rapport, c'est que la droite semble découvrir la fameuse "culture de l'excuse" qu'elle a conspuée sans arrêt ces 30 dernières années -si j'osais, je dirais qu'elle se la réapproprie, mais le terme est vachement connoté.

      En revanche, ils sont un peu excessifs dans la victimisation : chouiner pour une petite bousculade dans le métro comme si c'était Charonne, ça fait pas sérieux.

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    2. C'te blague!
      Et la droite découvre avec stupéfaction qu'on ne manifeste pas où on veut, quand on veut...

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    3. Cela dit, c'est pas comme si les forces de Progrès du camp du Bien n'avaient jamais joué ce genre de cinoche niaiseux et cucul la praline.

      Souvenez-vous, en 2007, quand la France ployait sous le joug de l'usurpateur, plongée, dès son élection, dans un puits de ténèbres : ça donnait des articles de presse un chouïa orientés, qu'il fallait lire de façon critique (CLIC).

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    4. Il faudrait toujours avoir un Eolas sous la main.

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    5. C'est parfaitement logique de reprocher à l'opposition de faire aux autres ce qu'on faisait quand on était dans l'opposition, parce qu'à partir du moment où l'opposition est l'ennemi l'ennemi a tort quoi qu'il fasse ou ne fasse pas.

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  3. Belle image, ça : manifestant par procuration.

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